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Drogue, menaces et violences : la descente aux enfers d’un chef d’entreprise

Ecrit par G.D. – le samedi 8 mars 2025 à 16H12

Un chef d'entreprise était poursuivi pour avoir harcelé, violenté et menacé sa femme pour qu'elle lui donne de l'argent afin qu'il puisse s'acheter de la drogue. Une addiction depuis plusieurs années qui a détruit son mariage et mis ses entreprises en danger, notamment après avoir été condamné en 2021 pour trafic de drogue. Il a été condamné cette fois à 12 mois de prison avec sursis renforcé.

C'est une histoire peu banale qui était jugée au tribunal de Saint-Pierre dans le cadre d'une comparution immédiate. Arnaud*, chef d'entreprise, était jugé pour des menaces et un harcèlement sur sa femme durant plusieurs jours. Il lui a même jeté des objets dessus le 12 février dernier. Une affaire qui est liée à sa précédente condamnation de 2021 où il avait été condamné pour trafic de stupéfiants.

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Une addiction à la drogue destructrice

Accro à la cocaïne et à d'autres drogues depuis près de 10 ans, Arnaud avoue qu'il peut consommer jusqu'à 2 ou 3 grammes de cocaïne par jour. Une addiction onéreuse lorsque l'on sait que le prix du gramme sur l'île est à environ 100 euros. Pour se fournir, il n'hésitait pas à se servir dans les caisses de ses sociétés.

Dans un éclair de lucidité, il y a deux ans, il avait laissé la gestion des deux entreprises à son épouse en raison de sa dépendance. Mais faute d'avoir accès aux finances de l'entreprise, il l'a donc harcelée de textos et menacée de mort la semaine dernière pour qu'elle lui remette de l'argent. Un employé va même témoigner en indiquant qu'un matin, le chef d'entreprise est arrivé dans les bureaux et, n'ayant pas les codes du coffre-fort, a tenté de le détruire pour prendre les liquidités.

Alternant moments de sincérité et justifications peu crédibles, il va tenter de dire qu'il demandait de l'argent “pour nourrir les animaux” ou que l'argent qu'il prenait dans la caisse “était sous forme d'acompte”. Bien qu'il ait tenté une cure de sevrage il y a trois mois, il a fait “deux rechutes massives” selon l'expert psychiatre. Ce dernier ne décèle aucune maladie mentale chez le prévenu, mais “une dangerosité criminologique en raison de mesures de sevrage non appliquées.”

Une épouse à bout de force

Pour Me Christine Lacaille, qui représente l'épouse, Arnaud “est un danger pour lui-même, un danger pour sa famille". Elle rappelle que son épouse a toujours été là pour le soutenir pendant les 30 ans de vie commune et les 17 ans de mariage, mais qu'elle vient d'engager une procédure de divorce et les démarches pour obtenir un téléphone grave danger (TGD).

Pour le procureur, les 5 jours d'ITT prescrits à la victime “ne sont pas chers payés avec tout ce qu'elle a subi”. Conscient de “son potentiel de violence”, il requiert une peine de 18 mois de prison, dont 6 avec sursis probatoire et maintien en détention. Il demande également que la récidive soit prise en compte concernant les affaires de stupéfiants.

“Il n'est pas violent, il est malade. Ici, ce n'est pas une récidive de violence, mais une récidive de toxicomanie. Le tribunal a l'arsenal nécessaire avec le Code pénal pour un sursis probatoire renforcé en cas d'addiction. Tous les éléments sont réunis pour cela. Il faut surtout une injonction de soins, car nous avons affaire à un toxicomane”, argue Me Guillaume Darrioumerle. Rebondissant sur ces derniers mots, Arnaud jure qu'il va se faire interner pour son addiction à la drogue s'il ne va pas en prison.

Finalement, le tribunal le condamne à une peine de 12 mois de prison entièrement assortie d'un sursis probatoire renforcé de trois ans. Il a une injonction de soins, une interdiction de contact avec la victime et une interdiction de se présenter à son domicile et à ses entreprises durant trois ans.

*Prénom d'emprunt

Etiquettes : Cocaïne | Stupéfiants

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