Domenjod : Les agents inquiets après la libération d'un détenu au profil inquiétant

Les faits remontent au début du mois de mai 2024 et se sont déroulés sur le front de mer de Saint-Denis. Amjad G. est interpellé par la police suite à la plainte d'une mère de famille qui lui reproche de s'être masturbé devant elle et son enfant de 10 ans alors qu'ils se promenaient sur le sentier littoral. Interpellé, il est emmené par les policiers chez le médecin en raison de son attitude suspecte, pour avoir la certitude que son état est compatible avec le régime de la garde à vue. Et là, rebelote ! Il exhibe à nouveau son sexe devant la femme médecin. Il finit en garde à vue. Le parquet décide de le juger en comparution immédiate le 7 mai dernier.
À la barre, le prévenu apparaît complétement hagard, le regard vide. D'origine soudanaise, il parle un peu le français et semble ne pas tout comprendre au point de souvent s'exprimer en anglais. Il dit être venu à la Réunion il y a six mois pour travailler, mais est sans domicile fixe depuis son arrivée. Son état psychologique mène le parquet à demander un renvoi de l'affaire pour une expertise psychiatrique. S'il ne reconnait pas les faits lors de cette audience, son casier fait état d'une détention provisoire en 2021 pour des faits d'atteinte sexuelle pour laquelle l'expertise psychiatrique avait conclu à une abolition du discernement. Il avait été placé en hospitalisation d'office en raison d'un syndrome schizophrénique.
Le tribunal décide de faire droit à la demande du parquet, ordonne une expertise psychiatrique et renvoi le dossier au 24 juin. À cette date, l'expertise n'ayant pas été réalisée faute d'experts disponibles, le dossier est une nouvelle fois renvoyé au 12 juillet. Cette fois encore, il n'y a pas d'expertise psychiatrique car le prévenu n'a pas voulu parler au spécialiste. Amjad G. est finalement jugé ce 12 juillet, déclaré coupable et condamné à quatre mois de prison avec sursis. Le tribunal a retenu une altération du discernement. Il est donc libéré le soir même à 21 heures.
Cette libération a provoqué la colère des syndicats d'agents pénitenciers. En effet, avant son jugement ce 12 juillet, il apparait que le prévenu a agressé un surveillant en lui lançant son plateau de repas au visage. L'agent a été blessé et a reçu une ITT de trois jours. Le détenu fait l'objet d'une procédure pour cette agression. Comme indique Vincent Pardoux, secrétaire régional du syndicat FO Pénitentiaire, "notre surprise a été grande lorsque ce détenu qui passe au Tribunal Judiciaire de st Denis a été libéré. Il est à noter qu'il était en détention provisoire pour les faits qui lui étaient reprochés et il se retrouve libéré à la barre avec 4 mois de prison avec sursis, une altération du discernement ayant été retenue. Ce détenu, qui avait agressé un collègue quelques jours auparavant, présente des troubles psychiatriques qui lui ont valu de nombreux séjours en hôpital psychiatrique. On remet en liberté une personne qui a agressé un agent de la force publique, sans aucune garantie de représentation. Cette décision judiciaire pose question".


