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Disparition de Shana : les projets mortifères de Dylan

Ecrit par E.L. – le mercredi 30 juillet 2025 à 06H03

Le guet-apens qui a conduit à l'exécution sauvage de Shana, 15 ans, est le fruit de la monstrueuse alchimie d'un couple d'adolescents en proie à de sérieuses turpitudes. Décryptage.

Il semble acquis que le projet de tuer quelqu'un a germé dans la tête de Dylan* bien avant qu'il n'entame une relation intime avec Cloé*. C'est ce qui ressort du témoignage de plusieurs camarades du couple à qui l'adolescent aurait fait part de ses envies de passer à l'acte. Sans être pris au sérieux comme souvent dans ce type d'affaire.

TW : Attention, le récit qui va suivre peut heurter la sensibilité des lecteurs

Beaucoup mettent en avant l'ambivalence de Dylan quant à son genre, couplée à une jalousie presque maladive et un goût prononcé voire une obsession pour tout ce qui touche au “gore”. De ce garçon interné en psychiatrie par le passé, des témoins brossent un portrait à double facette où se mêlent douceur et gentillesse mais aussi impulsivité et colère. Il aurait déjà évoqué son désir de suicide collectif.

Un garçon englué dans le “gore”

Solitaire, déboussolé et replié sur lui-même, Dylan, avec son look gothique et ses scarifications, inspire parfois la peur. Une ex-petite amie raconte comme elle se sentait sous emprise avec lui, redoutant ses colères et son chantage au suicide quand elle ne satisfaisait pas ses fantasmes. Elle mentionne encore son goût prononcé pour tout ce qui est morbide quand il évoque par exemple son intention de coucher avec des cadavres ou qu'il dépose sur un compte des photos de femmes ou des mangas d'enfants découpés en morceaux.

Cloé, douée d'une intelligence et d'une éducation plus solide que lui, est décrite comme une jeune fille gentille, brillante, joyeuse et exclusive en amitié. Mais elle a aussi ses propres cicatrices. Comme Dylan, elle se plaît à regarder des films d'horreur. Pour autant, beaucoup ne comprennent pas sa participation à un tel crime.

La quête d'une victime expiatoire 

Cloé se laisse séduire par ce garçon atypique dont elle va appréhender le mal-être dans une relation devenue quasi-exclusive. Au fil des mois, elle se fond dans son univers jusqu'à en épouser les facettes les plus sombres. Dylan l'initie à un jeu qui consiste à s'auto-mutiler en s'infligeant des scarifications dans un même laps de temps. Une preuve d'amour à ses yeux, semble-t-il.

Amoureuse, soucieuse de lui venir en aide et sous emprise, elle semble avoir fini par adhérer à son projet au terme d'un pacte mortifère vécu comme un don de soi et qui aurait eu pour objectif de créer entre eux un lien indéfectible. A la recherche d'une victime expiatoire, le couple a d'abord imaginé s'en prendre à quelqu'un qui avait fait le mal et de préférence à une fille, sans doute plus simple à maîtriser.

Une fascination pour les tueurs en série

Avant que Cloé ne serve d'appât pour piéger Shana, l'adolescent a échafaudé un autre projet. Le crime aurait dû avoir pour théâtre une usine désaffectée sur la commune de Saint-Joseph. Dylan, qui avait fait des repérages, reste persuadé qu'il aurait réussi si la victime était venue à son rendez-vous. Un de ses principaux regrets aurait été de se faire démasquer car son but ultime aurait été de devenir un tueur en série. Une qualification qui nécessite de comptabiliser au moins trois victimes. Dylan explique sa fascination pour les tueurs en série par son souhait de passer à la postérité. 

* Prénoms d'emprunt

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