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Devenu SDF à sa sortie de prison, il s'en prend aux agents pénitentiaires qu'il estime responsables

Un Saint-Pierrois était jugé en comparution immédiate pour avoir insulté et menacé des agents du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP). Il leur reprochait d'avoir perdu son logement à cause d'eux et d'être sans domicile depuis sa sortie de détention. Il a été condamné à six mois de prison ferme.
Ecrit par G.D. – le samedi 29 juin 2024 à 06H25

Lundi dernier, les agents du SPIP voient arriver Jean dans leurs locaux. Le quinquagénaire est dans un état second et se montre agressif et menaçant. Il déclare être à la rue depuis sa sortie de détention en février dernier et les accuse d'être responsables de cette situation. Il veut qu'ils appellent le procureur de la République pour qu'il le remette en prison et leur demande si "il faut que je tue quelqu'un pour avoir un logement ?"

Les agents appellent les policiers, qui découvriront un brise-glace dans son sac. Il refuse de se soumettre au premier éthylotest. Il accepte finalement le second, qui révèle un taux d'alcoolémie de 0,51 mg par litre d'air expiré.

Face aux juges, il explique qu'il n'avait pas dormi depuis trois jours et qu'il avait bu du rhum le matin, car il tremblait en raison du manque d'alcool. Il reconnaît certains faits, mais affirme ne pas se souvenir des menaces. "Je ne suis pas comme ça", jure-t-il à la barre du tribunal. Me Mickaël Nativel, qui représente la partie civile, fait remarquer qu'il a pourtant mentionné ses menaces dans la lettre d'excuse qu'il a fait rédiger par un codétenu.

L'un des agents du SPIP venu témoigner raconte que c'est la première fois qu'il doit appeler la police en 25 ans de métier. "C'était compliqué de pouvoir discuter. Il n'a pas voulu entrer dans une relation d'aide et refusait les solutions que nous pouvions lui proposer", explique-t-il.

"Je regrette qu'il minimise les faits. Certes, il a rédigé un courrier, mais il aurait été intéressant qu'il reconnaisse qu'il a dépassé les limites", déclare la procureure, qui requiert une peine de 12 mois de prison, dont six mois avec un sursis probatoire de deux ans, ainsi que 35 heures de travail d'intérêt général.

Pour sa défense, Me Nicolas Dyall va d'abord remettre en cause le statut de personne chargée de mission de service public des agents, qui n'est pas démontré par le ministère public. "Les propos insultants sont rapportés en français, alors qu'il ne parle que créole. On n'a donc pas de preuves que ces menaces sont exactes. De plus, il n'a jamais brandi l'arme dans son sac", souligne-t-il avant de rappeler que son client a fini par se soumettre à l'éthylotest.

Finalement, le tribunal le condamne à six mois de prison ferme et à verser 450 euros aux trois victimes. Jean a déjà annoncé qu'il allait faire appel et même se pourvoir en Cassation s'il le fallait.

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