Deux hommes relaxés pour 22 vols à la roulotte, un seul larcin reconnu par le tribunal

Le 27 décembre 2021, plusieurs personnes se sont fait voler de l'argent dans leur véhicule stationné au niveau du vieux port à Saint-Philippe. Un restaurateur du coin repère un homme suspect, qui va s'enfuir dans la forêt en voyant les gendarmes.
En fouillant la zone, les militaires vont repérer une planque à proximité du parking. Ils relèvent deux canettes d'energy drink et un mégot récent avec encore de la cendre. Les analyses ADN sur la canette vont permettre d'identifier Antoine*, alors âgé de 47 ans et qui possède un passé judiciaire en matière de vol à la roulotte. L'analyse du mégot va confondre Jimmy*, son neveu par alliance, beaucoup moins connu de la justice.
Bien que la dernière condamnation pour vol d'Antoine remonte à 2008 et qu'il s'est particulièrement bien inséré depuis, les enquêteurs vont le soupçonner de toute une série de vols comprise entre 2016 et 2021.
En effet, si les gendarmes font ce rapprochement, c'est parce que le modus operandi est le même : l'intrusion dans le véhicule se fait sans dégradation, mais avec une clé magnétique. Les affaires sont soigneusement fouillées avant d'être reposé au même endroit. Les victimes se rendent souvent compte bien plus tard qu'elles ont été volées. Ils sont donc poursuivis pour 23 vols, principalement sur Saint-Benoît et Saint-Philippe.
"Je gagne ma vie honnêtement"
Face au tribunal, les deux vont nier leur implication dans ces vols. Concernant les canettes et le mégot, Antoine explique les avoir jetés dans la nature. Ce dernier insiste sur son insertion depuis sa dernière condamnation en affirmant "qu'aujourd'hui, je gagne ma vie honnêtement, je n'ai plus besoin de ça. J'ai réussi à me prendre en main." De son côté, Jimmy nie tout en bloc.
"Pour 21 vols, on est sur de l'extrapolation. Il a été considéré comme le suspect par les gendarmes en raison de son pedigree et de son passé de voleur. Mais il n'y a pas l'ombre d'un élément matériel. Il n'y a même pas de traces ADN sur les véhicules qui ont été volés", argue Me Ingrid Blameble qui défend Antoine. Elle ajoute que d'autres éléments auraient pu impliquer d'autres personnes, notamment des objets trouvés dans la fameuse planque et qui n'ont pas été analysés.
Faisant référence à la plaidoirie du procureur, Me Farid Isse, qui défend Jimmy, va rappeler "que l'application de la loi, c'est de ne pas juger les innocents." Comme sa consœur, il va mettre en avant le manque d'élément matériel pour condamner son client. Il va notamment prouver que Jimmy était hors département pour l'un des vols dont il est accusé.
Finalement, le tribunal va relaxer Jimmy de toutes les charges retenues contre lui. Antoine est reconnu coupable du vol à Saint-Philippe de décembre 2021 et est condamné à 1000 euros d'amende, ainsi qu'au remboursement de 300 euros aux victimes.


