Des drones pour sauver les espèces endémiques

C’est une première mondiale, des botanistes du conservatoire de Mascarin ont pu compter sur un drone, et surtout le “Mamba” pour faire des prélèvements d’ADN ou de graines. Ainsi des arbres jusqu’à maintenant inaccessibles ont pu être étudiés de plus près.
“On a entendu parler d’une expérimentation à Hawaii, et vu les similitudes avec La Réunion, ça nous a tout de suite intéressé”, explique Sarah Roussel, chargée de mission Conservation des plantes naturelles.
L’outil, développé par l’entreprise québécoise “Outreach Robotics” a permis aux botanistes du conservatoire de récolter des échantillons de 15 espèces différentes en moins de 5 jours, certaines en danger critiques d’extinction. “Il y a eu un gros travail en amont pour repérer les meilleurs sites d’où lancer le drone et le mamba pour atteindre les plantes désirées. On est très satisfait car on a réussi à récolter 100% des échantillons qu’on voulait”, poursuit la botaniste.
Les scientifiques ont même eu la chance de redécouvrir une espèce qu’ils pensaient disparue à l’état sauvage. “Lorsqu’on s’est approché d’un palmiste rouge des Hauts, on a eu la surprise de voir que c’était un palmiste rouge des Bas. On attend encore les résultats des prélèvements ADN, mais c’est uniquement grâce au drone qu’on a pu l’atteindre. Il était sur une crête à 500m d'altitude”, poursuit Sarah Roussel.

Une boite, avec une scie circulaire permet de couper et de ramener des petits échantillons.
“On pourra récolter des graines de plantes très rares”
Pour son collègue, Arnaud Rhumeur, cela ouvre de “nouvelles perspectives incroyables. Avant on était obligé de faire appel à des cordistes, avec un résultat pas toujours probant. Grâce à ces cinq jours de travail, on a réussi à améliorer la cartographie de la répartition des plantes sur les falaises, à identifier les menaces sur ces spécimens ainsi qu’enrichir nos herbiers. Malheureusement, nous sommes parfois face aux derniers arbres à l’état sauvage et donc il faut tenter d’amasser le plus de données”.
Le Mamba, véritable couteau suisse, consiste en un bras mécanisé suspendu au drone grâce à un câble de 15 mètres. Des hélices permettent au Mamba de se déplacer horizontalement jusqu’à 8 mètres pour atteindre les plantes. “C’est la première fois qu’on fait cela sur des arbres, car à Hawaii les scientifiques travaillaient sur des petites plantes. La première mondiale ici, c’est la mise en place de cette boîte qui vient préserver les petits échantillons. Cela nous permet d’avoir une précision au centimètre près”, précise Guillaume Charon, ingénieur et fondateur de Outreach Robotics.
Désormais le conservatoire botanique cherche des partenariats avec d’autres organismes pour mutualiser l’achat d’un Mamba et d’un drone qui peut le transporter. Lors de la présentation des résultats, l'enthousiasme semblait régner dans l’assistance, de quoi laisser présager un intérêt certain pour l’outil.

Le Mamba permet d'atteindre des falaises difficiles d'accès.


