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Démission de Sébastien Lecornu : le CAC 40 enregistre l’une de ses pires chutes de l’année

Ecrit par N.P. – le lundi 6 octobre 2025 à 15H52

L’annonce surprise de la démission du Premier ministre, lundi 6 octobre, a provoqué une chute brutale du CAC 40 et accentué la nervosité des marchés financiers.

Quelques minutes après l’annonce de la démission de Sébastien Lecornu, la Bourse de Paris a plongé. Vers 10h, le CAC 40 reculait de près de 2 %, tombant à environ 7 940 points contre 8 081,54 points vendredi à la clôture. Plus de 140 points se sont envolés en quelques heures, marquant l’une des plus fortes baisses de l’année pour l’indice parisien.

Lire aussi : Sébastien Lecornu démissionne, à peine un jour après la formation de son gouvernement

Le secteur bancaire a été le plus touché. BNP Paribas a dévissé de près de 6 % avant de se stabiliser autour de -4,35 %. Société Générale a perdu jusqu’à 7,3 % et Crédit Agricole près de 5 %. Cette correction brutale s’explique par leur exposition directe à la dette française, dont les rendements se sont envolés dans la foulée de la crise politique.

La dette française sous pression

La nervosité des marchés s’est traduite par une hausse immédiate des taux souverains. Le rendement des obligations d’État françaises à 10 ans a bondi à 3,61 %, contre 3,51 % la veille. L’écart avec le Bund allemand s’est creusé à 89 points de base, son plus haut niveau depuis janvier. Antoine Andreani, analyste chez XTB France, a averti que ce seuil critique pouvait rendre la dette française vulnérable à des attaques spéculatives.

Au-delà des banques, plusieurs poids lourds du CAC 40 ont subi le contrecoup. Thales a reculé de 4,6 %, Veolia de 4,12 %, Bouygues de 3,46 % et Engie de 2,99 %. Des groupes directement liés à la commande publique ou exposés à la conjoncture française, qui paient le prix de l’instabilité.

Le contexte politique alimente l’inquiétude

Nommé le 9 septembre, Sébastien Lecornu n’aura tenu que 27 jours à Matignon, devenant le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République. Sa démission intervient après de vives critiques sur son gouvernement, notamment de Bruno Retailleau (LR), qui dénonçait un exécutif en décalage avec la « rupture promise ». Les investisseurs craignent désormais un blocage institutionnel durable, alors que la France doit encore adopter son budget 2026.

La chute du CAC 40 contraste avec les autres places européennes, restées relativement stables : Londres perdait 0,16 % et Francfort 0,14 %. Paris se distingue ainsi par une baisse nettement plus marquée, symptôme de la défiance des marchés vis-à-vis de la situation politique française.

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