Policier roué de coups à Belfort : plusieurs suspects ont été identifiés

L’enquête avance après la violente agression d’un policier, vendredi 2 octobre à Belfort, en marge de la mobilisation lycéenne. Plusieurs personnes susceptibles d’avoir participé aux faits ont été identifiées, selon le procureur de la République.
Plusieurs suspects ont désormais été identifiés après le passage à tabac d’un policier vendredi à Belfort en région Bourgogne-Franche-Comté.. Le fonctionnaire avait été violemment agressé lors d’affrontements survenus en marge du mouvement de contestation lycéen.
Le procureur de la République de Belfort, Paul-Édouard Lallois, a fait état samedi de nouvelles avancées dans les investigations. “On a plusieurs personnes désormais identifiées comme susceptibles d’être parmi les auteurs principaux”, a indiqué le magistrat.
Le procureur s’est dit “assez optimiste” quant à la possibilité de procéder à leur interpellation dans les 24 heures.
Le nombre exact de personnes identifiées n’a pas été communiqué et les investigations doivent encore déterminer le rôle éventuel de chacune d’entre elles.
Une enquête ouverte pour tentative de meurtre
Les faits se sont déroulés vendredi matin aux abords du lycée Gustave-Courbet de Belfort, dans un contexte de mobilisation lycéenne et d’affrontements avec les forces de l’ordre.
La victime est un commandant de police né en 1967, chef du service départemental du renseignement territorial du Territoire de Belfort. Policier en civil, il aurait été pris à partie alors qu’il intervenait au cours des troubles.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent le fonctionnaire aux prises avec plusieurs individus. Après avoir été projeté au sol, il reçoit plusieurs coups de poing et de pied, notamment à la tête, avant l’intervention d’un autre policier.
Le procureur avait qualifié les faits de “scène d’une violence inouïe” et d’“agression sauvage”.
Le policier a brièvement perdu connaissance et présentait plusieurs plaies au visage. Il a été pris en charge à l’hôpital après les faits.
Face à la gravité de l’agression, le parquet de Belfort a ouvert une enquête pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique en réunion.
Un premier jeune remis en liberté
Un adolescent de 17 ans, scolarisé au lycée Courbet, avait été interpellé dans la foulée des événements et placé en garde à vue.
Selon le procureur, le jeune homme n’avait cependant pas été “formellement identifié comme ayant porté des coups”. Sa garde à vue a finalement été levée sans poursuites à ce stade.
Les enquêteurs poursuivent désormais l’exploitation des nombreuses images disponibles pour identifier les personnes soupçonnées d’avoir directement participé à l’agression.
Une autre séquence diffusée sur les réseaux sociaux, tournée avant le passage à tabac, a également suscité de nombreuses réactions. Elle montre le policier maintenant un jeune au sol à proximité de la rivière de la Savoureuse. Des publications ont alors affirmé que le fonctionnaire aurait tenté de maintenir la tête du jeune homme sous l’eau.
Une interprétation contestée par le procureur de Belfort. Les circonstances précises de cette altercation précédant l’agression doivent également être établies dans le cadre des investigations.
Un autre policier agressé le même jour à Lyon
Quelques heures plus tard, un autre policier en civil a été violemment agressé à Lyon. Vendredi vers 17 heures, un gardien de la paix qui rejoignait son service est intervenu dans le tramway T4, à hauteur de l’arrêt Jet d’Eau-Mendès France, dans le 8e arrondissement, pour demander à un groupe de quatre hommes de se calmer. Selon le syndicat Un1té Rhône, ces jeunes bousculaient des voyageurs, crachaient et proféraient des insultes dans la rame.
Le fonctionnaire a alors été jeté au sol puis roué de coups, notamment au visage. Selon le syndicat Un1té Rhône, l’un des membres du groupe aurait reconnu le policier, qui travaille au service interdépartemental de sécurisation des transports en commun. Pris en charge à l’hôpital Jean-Mermoz, il souffre notamment d’un hématome à l’œil et d’égratignures au visage et au nez.
Lire aussi : Blocage des lycées : 1 747 interpellations, 735 établissements concernés et un mouvement qui se poursuit
Le policier a déposé plainte et une enquête a été ouverte afin d’identifier et d’interpeller les suspects. Les enquêteurs doivent notamment exploiter les images de vidéoprotection du tramway.


