À Mayotte, la crise de l’eau pousse certains habitants à ne plus payer leurs factures

À Mayotte, la crise de l’eau continue de peser lourdement sur le quotidien des habitants. Alors que les robinets restent à sec plusieurs jours par semaine, certains usagers ont décidé de suspendre le paiement de leurs factures. Une situation qui fragilise davantage la Société mahoraise des eaux, confrontée à près de 40 millions d’euros d’impayés.
À Mayotte, l’accès à l’eau demeure particulièrement difficile. Faute d’une production suffisante, les coupures se multiplient : actuellement, les habitants peuvent rester jusqu’à quatre jours par semaine sans eau au robinet.
Face à cette situation, certains usagers ont choisi de ne plus régler leurs factures d’eau, afin de protester contre un service qu’ils jugent insuffisant. Ces impayés représentent désormais environ 40 millions d’euros pour la Société mahoraise des eaux (SMAE), chargée de la distribution de l’eau sur l’archipel.
Les impayés compliquent la recherche d’un repreneur
La situation intervient alors que la délégation de service public de la SMAE arrive à son terme. Le Syndicat des Eaux de Mayotte (Les Eaux de Mayotte) peine toutefois à trouver un nouveau gestionnaire pour assurer la distribution de l’eau.
Selon Saïd Maanrifa Ibrahima, président du Syndicat des Eaux de Mayotte, le montant des impayés constitue un obstacle majeur à la reprise du service. Il explique que plusieurs entreprises métropolitaines hésitent à se porter candidates tant qu’aucune garantie n’est apportée concernant ces 40 millions d’euros de factures impayées.
Une demande d’aide adressée à l’État
Pour tenter de débloquer la situation, Saïd Maanrifa Ibrahima doit se rendre à Paris au début du mois d’octobre. Il entend notamment solliciter l’aide de l’État pour trouver une solution au problème des impayés et faciliter la transition vers un nouveau gestionnaire.
Alors que la crise de l’eau perdure à Mayotte, les autorités doivent donc faire face à un double défi : garantir l’approvisionnement des habitants tout en sécurisant l’avenir financier du service public de l’eau.


