Démantèlement du QG Zazalé : “sur le rond-point, on a fini notre travail”

Malgré l’invitation lancée, peu de personnes, qu’elles soient sympathisantes ou détractrices, ont répondu à l’appel du QG Zazalé. Xavier, Dan, membres historiques, ou encore Julien, sympathisant, se sont retroussés les manches pour commencer à démanteler le camp dressé il y a sept ans.
C'est l'heure du grand nettoyage avant le départ au QG Zazalé. Il était le dernier, l’irréductible rond-point investi par les Gilets jaunes après le mouvement de novembre 2018. Sept ans plus tard, le QG Zazalé est démantelé. Depuis plusieurs mois déjà, le camp se désagrégeait. “L’électricité puis après l’eau a été coupée début septembre”, confirme Xavier. Militant actif depuis la création du QG, il semble prêt à tourner la page.
"Une base éphémère"
Sur le rond-point de 5.000 m2, les membres les plus actifs et les sympathisants s’étaient relayés pour construire une demi-douzaine de cases en matériaux de récupération, mais aussi un grand boucan ou encore une scène ouverte, le tout voulu comme un village. “Concert, ronkozé, lieu de convergence des luttes, de préparation de mouvements contre la vie chère, pour Manapany... nou té un gran famille terlà, nou té des centaines”, se remémore Xavier, qui ne compte plus les bons moments passés sur le rond-point.
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Le QG doit aussi faire face au projet de voie urbaine du Tampon, dont le chantier impacte nécessairement le camp. Ce combat, le mouvement a choisi de ne pas le mener. “La route, nou lé contre parce que y sa faire encore plus d’embouteillages dann Tampon [...] mais nou di anou qui vaut pas le coup batay contre un route. Nou la di anou, allons ramassé et agi.”
Le QG Zazalé recherche en effet depuis un certain temps un terrain d’un hectare où installer et mettre en œuvre sa vision d’une société créole plus juste, anticoloniale, écologique et authentique. “La base y sa va mais lo lianage, nout réseau lé toujours là, nou attend juste nout terrain.”
Une dizaine de SDF toujours accueillis
Dan avait rejoint le mouvement contestataire il y a six ans et demi, porté par “l’esprit Zazalé avec une soif de justice”. Il retient de ces années sur le camp “les rencontres, beaucoup de connexions avec plein de personnes évoluant dans différents domaines”. Aujourd’hui, avec une pointe de nostalgie, Dan confie : “C’est pour ça ici sur le rond-point, ici on a fini notre travail.”
Reste néanmoins l’accueil social d’une dizaine de SDF. “Zazalé la toujours été un lieu d’accueil. La eu des femmes et des familles victimes de violences que la été accueilli terlà”, tient aussi à rappeler Xavier.
De nouvelles dates pour "donne la main"
Pourtant, malgré l’appel lancé sur les réseaux sociaux aux sympathisants comme aux détracteurs, peu sont venus aider au démantèlement progressif du site. En sept ans, la vie sur le rond-point a laissé de nombreuses traces : cases, véhicules, déchets… Les membres du QG Zazalés tiennent à effacer ces marques et prévoient plusieurs opérations “mèt propre”.
Ce mercredi matin, seul Julien, sympathisant mais pas membre, a répondu à l’appel du QG Zazalé et a enfilé ses gants. Ancien professeur reconverti en agriculteur et guide de montagne, il a tenu à aider au démantèlement : “une désinstallation d’un terrain public dans la perspective d’avoir un terrain attribué pour des actions en toute légalité”, espère-t-il.


