David, assistant familial : « Sans taxi, je ne sais pas comment on pourrait gérer »

David et Marie, un couple d'assistants familiaux de Vincendo, se disent soulagés d'une tâche chronophage lorsque l'un des cinq enfants dont ils ont la charge est transporté en taxi à l'un de ses rendez-vous médicaux. Ils craignent que cette assistance fournie par les taxis conventionnés avec la CGSS ne disparaisse.
Depuis le 1er novembre dernier, trois syndicats de taxis de l'île sont censés ne plus fournir qu'un « service limité », en raison de l'application à cette date d'une nouvelle convention tarifaire beaucoup moins favorable imposée par la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM).
Si les syndicats de taxis n'explicitent pas précisément en quoi consiste ce « service limité », c'est parce que chaque chauffeur (le plus souvent des travailleurs indépendants) reste libre d'appliquer la consigne à sa convenance. Dans les faits, consigne est donnée aux 517 chauffeurs conventionnés avec la CGSS de se concentrer sur les courses rentables, en refusant notamment les trajets courts. Et ce afin de prouver à la Sécurité sociale que privés de leur service de transport, de nombreux malades vont rester sur le carreau.
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Il n'y a pas que les adultes se rendant à un rendez-vous médical ou à une intervention à l'hôpital qui sont concernés par d'éventuelles restrictions de transport en taxi : les enfants accompagnés par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pourraient l'être aussi.
« C'est le médecin qui décide si il y a une prise en charge »
C'est ce qu'explique David, un assistant familial de Vincendo (Saint-Joseph), qui accueille chez lui des enfants des services départementaux de l'ASE (Aide sociale à l'enfance). Avec sa compagne Marie, elle aussi assistante familiale, ils hébergent actuellement cinq enfants âgés de 2 à 12 ans.
« Dès lors qu'un enfant est reconnu par la MDPH, il a un droit de déplacement. C'est le médecin qui décide si il y a une prise en charge. Nous, on ne fait aucune démarche : l'enfant a un suivi médical, il a le droit ou pas à ce service », précise l'assistant familial. Si le médecin ou l'hôpital ne prescrivent pas de taxi, alors le transport des enfants incombe aux assistants familiaux, ce qui n'est pas sans poser parfois des problèmes d'agenda.
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« Assistant familial, c'est à temps plein, du lever du jour au coucher des enfants. Les taxis nous aident beaucoup, ils vont chercher l'enfant à l'école et le dépose à son rendez-vous médical. Souvent les soins sont regroupés le mercredi et tout arrive en même temps : sans les taxis, on serait obligé de remettre pas mal de rendez-vous en question, cela nous ferait un planning incroyable », constate David, en égrenant les exemples où les emplois du temps des enfants s'entrechoquent.
Le taxi permet de s'offrir du temps pour les tâches de la maison
Tous les enfants que le couple accueille ne sont bien sûr pas scolarisés au même endroit, et parfois pas dans la même commune. Quand un enfant ne va pas encore à l'école, il faut l'amener avec soi lorsqu'on en conduit un autre au collège, ou à un rendez-vous chez l'orthoptiste.
Si les taxis venaient à restreindre leur service parce qu'ils estiment que les courses ne sont plus assez rentables, David craint de multiplier les trajets en voiture, au détriment de toutes les tâches domestiques à accomplir. « Sans taxi, je ne sais pas comment on pourrait gérer. Lors d'une réunion aujourd'hui avec des collègues assistants familiaux, on en a discuté un peu. Quand on regarde ce que les taxis nous épargnent dans la semaine, ce n'est pas négligeable », insiste l'assistant familial.


