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Cyclone Garance : trois familles de la Colline priées de quitter leurs habitations

Ecrit par T.L. – le mercredi 2 juillet 2025 à 18H27
Photo : mairie de Saint-Denis.

La mairie de Saint-Denis et l’État ont donné quinze jours à trois familles du quartier de la Colline pour accepter les propositions de relogement et d’aides qui leur ont été formulées. Mais ces familles, occupantes sans droit ni titre, semblent, comme leurs voisins de la rive droite de la Colline, attachées plus que tout à leur environnement et à leur mode de vie.

C’est une fracture sociétale béante, que tente d’ailleurs d'instrumentaliser le Rassemblement national, qui distend le lien entre les habitants du quartier de la Colline et leurs représentants, qu’ils soient élus à la mairie de Saint-Denis ou hauts cadres de la préfecture. Bien qu’ils vivent, pour certains, depuis plusieurs générations dans une zone classée rouge en 2000 au plan de prévention des risques, et malgré aussi la frayeur inoubliable provoquée par le passage dévastateur de Garance en mars dernier, les habitants de la Colline restent attachés à leur cadre de vie.

À l’exception de six familles ayant accepté une proposition de relogement, les habitants refusent de partir, ou négocient ce qui peut l'être. Tant il est vrai qu’il leur sera impossible aujourd’hui de pouvoir se reloger au bord d’une rivière, au cœur d’une nature apaisante et encore préservée. Si la mairie tente de convaincre les derniers irréductibles, trois familles ont reçu ce mercredi 2 juillet un courrier les priant d’évacuer leurs cases dans les plus brefs délais.

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Et pour cause : selon un rapport du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), ces maisons ont été inondées par la crue provoquée par les pluies torrentielles de Garance, la berge et le chemin d’accès ayant été emportés, tandis que les fondations ne reposent presque que sur du vide.

« La ville se devra de prendre toute mesure utile »

Selon Éricka Bareigts, un couple avec deux enfants réside dans l’une des trois cases, les deux autres étant habitées par deux adultes hébergeant des enfants en garde alternée. Les propositions de relogement chez des bailleurs sociaux, que ce soit rue Jean-Chatel dans le centre-ville ou dans un T4 avec jardin à la Montagne, ont été déclinées. Tout comme l’aide d’Action Logement pour un logement temporaire dans le parc privé.

La maire de Saint-Denis a fait parvenir à ces trois familles une lettre détaillant leur situation, leur rappelant les contacts des services chargés de les reloger et leur donnant quinze jours pour présenter « leurs observations écrites ou orales ». Passé ce délai de « recherche de solutions en commun et compte tenu de l’urgence vitale et du risque pour vous », la ville indique qu’elle « se devra de prendre toute mesure utile ».

Alors que les services de l’État les classent comme occupants sans droit ni titre, certains habitants de la Colline affirment disposer d’un titre de propriété qui leur aurait été octroyé à l’époque du maire Auguste Legros, entre 1969 et 1989. Sans toutefois l’avoir démontré, rétorque la maire de Saint-Denis.

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« Propriétaire ou pas, ce n’est pas le sujet », tonne pour sa part le préfet Patrice Latron, qui martèle que « les familles ont intérêt à saisir la main qui leur est tendue » en raison du danger de mort qui pèse sur elles. Éricka Bareigts ajoute qu’en faisant valoir un titre de propriété, les familles pourraient toujours prétendre à être indemnisées par le fonds Barnier. Alors qu’elles ne sont éligibles, pour l’heure, qu’au fonds Letchimy, moins rémunérateur et dédié aux personnes occupant sans droit ni titre des terrains menacés par des risques naturels.

Environ 55 familles résident toujours à la Colline, principalement sur sa rive droite, au bord d’une rivière charriant de grosses quantités de matériaux lors des crues et sous la menace de deux falaises de plusieurs centaines de mètres.

La Colline, familles
La maire de Saint-Denis Éricka Bareigts et le préfet Patrice Latron.

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