Après Garance, les habitants du quartier de la Colline refusent d‘abandonner leurs maisons

Informés par les représentants de la mairie de Saint-Denis et des services de la préfecture qu’ils devaient se préparer à quitter leurs maisons, les habitants du quartier sinistré de la Colline ont fait part de leur farouche volonté de protéger eux-mêmes leur quartier des crues en procédant à des travaux d’enrochement.
La situation des habitants de la Colline, située au bas de la rivière à Saint-Denis, suscite la colère et l'incompréhension. Lors d'une réunion organisée ce vendredi 21 mars à la mairie Saint-Denis avec des représentants de la préfecture et du BRGM, les autorités ont confirmé que le relogement était la seule solution viable pour les familles sinistrées par le cyclone Garance.
Placée en zone rouge en raison des risques d'éboulements et d'inondations majeures, cette zone est jugée trop dangereuse pour y maintenir des résidences.
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"Nous nous sommes réunis à l'initiative de la maire de Saint-Denis, en accord avec le préfet et les services de la DEAL, pour échanger sur l'avenir et la sécurité des familles impactées", a expliqué Albert Marimoutou, directeur général des services de la mairie. Déplorant les dégâts causés par le cyclone, il a précisé qu'aucune solution technique ne permettait de sécuriser suffisamment la zone pour envisager un maintien des habitants sur place.
Une quarantaine de familles est concernée par ce plan de relogement. Si certaines ont déjà trouvé une solution temporaire, d'autres restent en attente d'une prise en charge. La mairie, en lien avec les services de l'État et les bailleurs sociaux, a engagé des discussions pour identifier les besoins de chaque foyer et leur proposer une solution adéquate.
"Ils ont viabilisé et maintenant ils nous demandent de partir !"
Pour les habitants, cette décision a été perçue comme brutale. "On a l'impression qu'on veut nous chasser sans nous écouter", a regretté Krilin, riverain et porte-parole informel des habitants. Certains soulignent un traitement inégal des zones à risques, comparant leur situation à celle d'autres quartiers situés en bord de mer ou au pied des falaises, qui n'ont pas fait l'objet de telles mesures.
Le collectif Pangar, représenté par TYP, l'un de ses membres, dénonce un manque de dialogue. "Les autorités arrivent avec des plans déjà ficelés. Ce n'était pas une réunion de travail, mais une réunion d'annonce", regrette ce représentant. Il affirme que les habitants étaient prêts à collaborer pour trouver des solutions intermédiaires permettant d'améliorer la sécurité de leur quartier, mais cette proposition n'a pas été retenue.
À leur sortie de la salle du conseil municipal, après plus de deux heures d'échanges parfois houleux, les habitants du quartier de la Colline ont tenu une réunion de débriefing, au cours de laquelle le mot d'ordre était de ne pas se laisser intimider par le discours des autorités.
"Ils ont viabilisé, ils ont construit des équipements publics et maintenant ils nous demandent de partir ! S'il le faut, on va construire les enrochements pour protéger les maisons nous-mêmes", martèle un habitant, rapidement encouragé par ses voisins.
Les discussions doivent se poursuivre dans les jours à venir pour tenter d'apaiser les tensions et d'offrir aux familles une relocalisation dans les meilleures conditions possibles.


