Cyclone Garance : des aides annoncées mais des attentes encore fortes pour le monde économique

Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a rencontré les acteurs économiques de La Réunion au siège de Territoire de l'Ouest à Saint-Paul. Face aux conséquences du cyclone Garance, le monde économique réclame des aides immédiates et une vision à long terme pour la reconstruction. Mais pour le moment, pas d'annonces spécifiques immédiates.
La Réunion se relève difficilement du passage du cyclone Garance. Dans un contexte économique déjà fragilisé, les entreprises réunionnaises font face à de lourds dégâts et des pertes financières importantes. Pour répondre à cette situation, le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a réuni les représentants des principales organisations économiques et institutionnelles de l’île, parmi lesquelles la CPME, le MEDEF, l’ADIR, la CCIR, la CAPEB, les chambres consulaires, les banques, le Comité des assureurs, ainsi que la Région et le Département.
Un fonds de 200 millions d’euros pour la reconstruction
Manuel Valls a confirmé de nouveau la mise en place d’un fonds de secours Outre-mer de 200 millions d’euros pour relancer l'activité après le passage du cyclone. Un montant qui vient « en complément des dispositifs de la Région et du Département ». Il rappelle que « ce sont 400 à 500 millions d’euros d’argent public mobilisé », avec pour objectif d’accompagner les collectivités mais aussi les acteurs économiques dans la reprise de leur activité.
Le ministre a également insisté sur les dispositifs de soutien en place : « L’étalement des charges, l’engagement des assureurs et des banques sont essentiels pour permettre une reprise rapide ». Sur tous ces points, Manuel Valls a annoncé qu’une réunion entre le préfet et les élus se tiendrait dès lundi prochain pour parler de ces mesures et s'assurer de leur mise en œuvre rapide.
Les attentes du monde économique
Si les annonces du ministre vont dans le bon sens, les professionnels attendent des actions concrètes et rapides. Pierrick Robert, président de la CCIR, alerte sur la nécessité de simplifier les démarches administratives : « Il faut que les entreprises puissent répondre aux marchés publics, sinon on va droit dans le mur ». Il pointe également l’absence de réponse claire sur l’accompagnement des entreprises en difficulté : « Pour le chômage partiel, nous n’avons pas obtenu pour le moment d’engagement pour être au même niveau d’accompagnement que lors de la crise Covid ».
L’inquiétude est grande face aux premiers constats : « Dans le commerce, nous enregistrons 61 % de dégâts. Pour le BTP, les conséquences sont lourdes, notamment avec du matériel de chantier abîmé », rapporte Pierrick Robert.
Le secteur du tourisme est également en première ligne. Patrick Serveaux, président de l’UMIH, insiste sur la nécessité de restaurer rapidement l’image de la destination Réunion : « Il faut réassurer et rassurer notre clientèle. Il est primordial de montrer que La Réunion reste une destination sûre et que l’on peut y venir sans risque ». Il souligne l’importance du soutien de l’État : « La secrétaire d'Etat au Tourisme sera bientôt à La Réunion, c’est un signal fort. Les 200 millions d’euros ne sont pas sectorisés, ils bénéficieront aussi au tourisme ».
Les dégâts sont déjà visibles dans l’hôtellerie : « Parmi nos adhérents, nous avons des remontées de sinistres importants. Le Radisson (hôtel à Saint-Denis, NDLR) est à l’arrêt pour un mois, mais la plupart des établissements devraient rouvrir dès la semaine prochaine », précise Patrick Serveaux.
Un plan de relance à long terme en préparation
Au-delà des mesures immédiates, Manuel Valls a insisté sur la nécessité de penser la reconstruction sur le long terme : « Après un choc comme le cyclone, les acteurs économiques et sociaux, comme les élus, ont besoin de visibilité. L’État doit être là ». Il a ainsi annoncé son retour en avril pour travailler sur « un plan de relance et de développement pour La Réunion, qui portera sur le logement, l’habitat, l’adaptation au réchauffement climatique et les nouvelles normes ».
Le ministre a également évoqué l’avenir du secteur touristique dans la région océan Indien : « La secrétaire d’État au Tourisme viendra très vite. Fin avril, un sommet se tiendra à Madagascar pour inscrire encore davantage La Réunion dans sa zone régionale ».
Les professionnels restent néanmoins prudents. Comme le résume Pierrick Robert : « Si l’État ne réagit pas avec des mesures fortes, nous allons vers des fermetures et des pertes d’emplois à La Réunion. On ne peut pas continuer comme ça. Tous les huit à dix mois, il nous tombe quelque chose dessus ».
Lire aussi : Tout savoir sur le cyclone Garance


