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Crise des prix : au marché du Chaudron, peut-on encore bien manger avec 20 euros ?

Ecrit par Mélodie Huzio et Mathis Lagrange – le dimanche 31 mai 2026 à 06H17

Entre l’augmentation des carburants, des factures d’énergie et des prix en supermarché, remplir son panier devient un véritable casse-tête pour de nombreux Réunionnais. Pourtant, au marché forain du Chaudron, à Saint-Denis, certains continuent de défendre une autre façon de consommer : plus locale, plus simple… et parfois moins chère.

Nous avons donc tenté l’expérience : avec seulement 20 euros en poche, peut-on encore se préparer un vrai repas complet au marché ?

Un matin, au Chaudron, l’hiver réunionnais commence doucement à s’installer. Sous les bâches et les parasols colorés, les commerçants donnent déjà de la voix.

"Madame, monsieur, 1 euro le concombre, n'hésite pas !"

"Les piments sont là, ils sont tous là les piments !"

Une matinée au rythme du marché

Le marché vit comme une grande scène à ciel ouvert. Les vendeurs interpellent les passants, les habitués discutent recettes, les sacs se remplissent peu à peu. Ici, les odeurs de fruits mûrs, d’épices et de samoussas chauds se mélangent dans une ambiance presque familiale.

Notre mission du jour est simple : composer un repas complet pour une personne sans dépasser les 20 euros.

Pour commencer, direction les étals de légumes. Une salade verte : 1 euro.

"Vous ne trouverez pas plus frais ici", assure un vendeur en se levant de son tabouret pour nous présenter sa marchandise. Une phrase que l’on entendra plusieurs fois au fil de la matinée.

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On ajoute six tomates pour 1,50 euro, un concombre à 1 euro et deux oignons rouges pour seulement 20 centimes.

Total pour une belle salade composée : 3,70 euros.

Pour ceux qui préfèrent une alternative déjà prête, Nicolas propose aussi ses barquettes de crudités : chou, carottes râpées, haricots, oignons et piment. Prix : 2 euros.

Derrière son stand, une histoire de famille.

"Après le collège, il descendait déjà faire le marché avec son père", raconte sa mère avec le sourire.

Aujourd’hui âgé d’une vingtaine d’années, Nicolas tient désormais ses propres stands au Chaudron, aux Camélias et à Sainte-Marie.

"J’ai toujours voulu faire les marchés. À 18 ans, après mon bac pro, j’ai créé mon entreprise", explique-t-il fièrement.

Samoussas, snacks et bonne humeur

Impossible de venir au marché sans craquer pour quelques bouchées bien de chez nous.

Devant un stand particulièrement animé, quatre vendeurs s’activent en musique, lançant presque les samoussas dans les sachets avec une impressionnante rapidité.

"Cinq samoussas pour 2,50 euros."

Difficile de résister.

Le plat principal : du fait maison à petit prix

Pour le plat, plusieurs possibilités s’offrent aux visiteurs : poulets rôtis, grillades, sandwichs créoles, boucheries ou plats préparés.

Finalement, notre choix se porte sur un couscous poulet maison accompagné de légumes. Prix : 8 euros.

Un autre stand propose également une alternative originale : un sauté poulet aux légumes servi… dans une baguette de pain.

"Il n’y avait plus de riz", explique en riant la vendeuse, qui improvise un sandwich créole maison pour 4 euros.

Comme souvent au marché, on s’adapte avec simplicité.

Le dessert : une salade de fruits péi

Pour finir, place aux fruits.

Premier arrêt devant les pitayas.

"Les meilleurs, ce sont les rouges", conseille le vendeur.

À ses côtés, son fils Gauthier donne un coup de main. Tous les mercredis, quand il n’a pas école, le jeune garçon accompagne son père sur le marché.

"Ça lui apprend à compter et à reconnaître les pièces", explique le papa avec fierté.

Le pitaya coûte 3 euros. On complète avec une tranche de pastèque à 1 euro, une demi-papaye à 1 euro et quelques fruits de la passion pour 1 euro supplémentaire.

De quoi préparer une généreuse salade de fruits péi.

Verdict : mission réussie

Au final, notre panier se compose :

  • d’une salade composée à 3,70 euros,
  • de samoussas pour 2,50 euros,
  • d’un couscous poulet à 8 euros,
  • d’une salade de fruits à environ 3,50 euros,
  • et même d’un jus de canne artisanal à 2 euros.

Total : 19,70 euros.

Il reste même 30 centimes… assez pour reprendre deux oignons pour le prochain repas.

Au-delà des prix, cette matinée au marché du Chaudron rappelle que l'on ne vient pas seulement faire ses courses. On vient discuter, goûter, transmettre et faire vivre un certain art de vivre réunionnais.

Et franchement ? Pour 20 euros, c’était plutôt délicieux.

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