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Crises de colère : un quotidien difficile pour Romane et sa famille

Ecrit par Lucas Candessoussens – le samedi 11 janvier 2025 à 10H57

Romane souffre d'épilepsie et a été récemment diagnostiqué autiste. Ses crises de colère rendent le quotidien étouffant pour sa famille. Sans prise en charge adéquate, ses proches n'obtiennent pas de réponses des autorités. Une situation invivable, alors que des centaines de familles sont, elles aussi, dans l'attente d'une place dans un établissement spécialisé.

La crise de colère peut surgir à tout moment. Dans ce pavillon de Sainte-Clotilde, où vivent Romane et sa famille, l’exaspération a atteint son paroxysme. Atteint d’un trouble du comportement et de sévères crises d’épilepsie, le jeune homme de 20 ans a besoin d’une attention particulière. Nicole Bègue, sa mère, souffle : « J’ai dû arrêter de travailler pour m’occuper de mon fils ».

Elle a assisté au premier débordement de son fils ; après un rendez-vous chez son psychiatre, cette dernière aurait « giflé » Romane. Dans le véhicule familial, le jeune homme aurait à son tour fait preuve de violences envers sa mère.

Et ce premier épisode, cette première crise de colère datant du 10 octobre 2023, sera suivi de multiples faits de violences. Contre sa famille ou des personnes extérieures, Romane, malgré lui, entre dans des épisodes de colère particulièrement délicats à gérer.

Un quotidien sous tension

« C’est très, très dur à gérer. Je n’ai pas l’habitude de dormir l’après-midi, mais là, je suis complètement exténuée », sanglote Nicole Bègue, qui, en pleine interview, a du mal à retenir ses larmes. Depuis l’émergence des crises de colère, la petite famille a vu sa vie être chamboulée.

« Ce matin, il commençait à pousser, taper… Je lui ai donné un sédatif pour qu’il se calme. » Chaque jour, sa mère veille aussi à lui donner ses médicaments contre l'épilepsie. « Ce n’est pas normal. Cela fait 14 ans que ça dure, et on me dit qu’il n’y a pas de place. Combien de temps vais-je devoir me battre ? »

Le souhait de la famille, que Romane trouve une structure adaptée et une prise en charge adéquate. En décembre, le jeune homme a été diagnostiqué autiste. De nouvelles démarches sont donc nécessaires auprès de la MDPH. « Tous les professionnels de santé se renvoient la balle, c’est fatiguant. »


Si le jeune homme est ponctuellement accueilli à l’IME (Institue médico-pédagogique) des Bambous, ce dispositif ne lui correspond pas. Actuellement, sa famille espère le faire intégrer un Foyer ou une Maison d’accueil spécialisé. Or, ces endroits manquent cruellement de place.

L’attente est longue

Ce problème n’est pas nouveau à La Réunion. La Ministre déléguée aux personnes handicapées, Charlotte Parmentier-Lecoq, était à La Réunion en fin d'année dernière. Elle avait répondu aux inquiétudes des parents attendant de placer leur enfant dans les IME en présentant le dispositif "50 000 solutions" qui vise à rattraper le retard avec un plan régional sur-mesure, Celui-ci n'a pas encore été mis en place.

Lire aussi : Visite ministérielle : Charlotte Parmentier-Lecocq au cœur des enjeux médico-sociaux

En moyenne, un établissement peut avoir une centaine de notifications d’enfants en attente d’u pour une prise en charge. Ces places sont souvent occupées par des adultes, car La Réunion possède trop peu de dispositifs permettant l’accueil des adolescents et des adultes.

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