CREFOM : "Le prétexte de la lutte contre la maltraitance animale n’autorise personne à tenir impunément des propos racistes"

Communiqué du Conseil représentatif des Français d’outre -mer (CREFOM) suite aux propos de Brigitte Bardot sur les Réunionnais. Dépôt de plainte.
Ayant appris le 19 mars 2019 que, dans une lettre ouverte adressée au préfet de la Réunion, dont la teneur est largement dévoilée dans la presse, Brigitte Bardot, sous le prétexte de protester contre la maltraitance animale, qualifie notamment les habitants de La Réunion de « population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches » et d’ « autochtones [qui] ont gardé leurs traditions de sauvages » avec des « réminiscences de cannibalisme des siècles passés», le conseil représentatif des Français d’outre-mer déposera plainte ce jeudi 20 mars 2019 pour que des poursuites soient engagées contre l’auteur de ces propos ignobles. Ce sont clairement des injures à caractères raciste. Ils doivent être sanctionnés avec une sévérité particulière et dénoncés au plus haut niveau de l’État.
La Réunion (autrefois île Bourbon) est une ancienne colonie française qui a subi pendant deux siècles et jusqu’en 1848 l’esclavage raciste d’État, dont la République française a reconnu qu’il s’agissait d’un crime contre l’humanité. Les « cannibales », les « barbares », les « dégénérés » et les « sauvages » c’étaient les esclavagistes comme ce sont celles et ceux qui relaient aujourd’hui les préjugés sur lesquels reposaient le crime. Même si la société protectrice des animaux a été fondée 5 ans avant l’abolition de l’esclavage à La Réunion, le prétexte de la lutte contre la maltraitance animale n’autorise personne à tenir impunément des propos racistes aussi abjects sur une population ayant subi dans le passé une telle violence. Et le racisme n'est pas une opinion en France, c'est un délit.
Pour le conseil représentatif des Français d’outre-mer
Jean Michel Martial, président


