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"Créer du désordre et attiser la haine" : deux jeunes condamnés pour des feux de poubelles et de voiture à Bras-Fusil

Ecrit par S.G. – le lundi 26 octobre 2026 à 19H17

Deux jeunes majeurs de Saint-Benoît ont été sanctionnés en comparution immédiate pour des dégradations par incendie commises le week-end dernier à Bras-Fusil. La diffusion de vidéos sur les réseaux sociaux a notamment permis leur interpellation.

Si ces derniers jours ont été plus calmes sur le front des violences urbaines à La Réunion, la préfecture avait encore déploré tout au long de la semaine du 19 au 25 octobre des incendies volontaires touchant le mobilier urbain ou la végétation dans plusieurs communes de l’île.

C’était notamment le cas dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 à Saint-Benoît, dans le quartier de Bras-Fusil déjà marqué par l’incendie provoqué devant la brigade de gendarmerie la nuit du 17 au 18 octobre.

"La bonne idée de se filmer"

Ce soir-là, un groupe d’une dizaine de jeunes sont vus en train de tirer des conteneurs de poubelles pour les placer aux abords d’un rond-point avant d’y mettre le feu. Puis c’est une carcasse de voiture qui est incendiée par une partie du groupe à proximité.

« Des jeunes qui jouent aux cons et ont la bonne idée de se filmer », tance le président Bernard Molié à l’audience de comparution immédiate lundi 26 octobre, alors que deux suspects ont été interpellés après avoir été identifiés grâce aux images diffusées sur le réseau social TikTok.

L’un, porteur « d’une robe traditionnelle dorée et d’une cagoule », a pu être reconnu facilement. L’autre, qui arborait « une casquette Gucci bleue », n’a pas couru beaucoup plus longtemps. « Les habitants en ont marre et collaborent avec les forces de l’ordre pour identifier les casseurs », note le magistrat du parquet.

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"Attirer les gendarmes dans un guet-apens"

A la barre, les prévenus jugés pour destruction par moyen dangereux et participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations n’affichent ni revendications ni projets particuliers. En effet, le ministère public estime que « ces feux ont été allumés pour attirer les gendarmes dans un guet-apens. »

Jimmy, 18 ans à peine et un physique encore adolescent, reconnaît avoir brûlé des poubelles sous « l’effet de groupe », mais nie avoir voulu caillasser du gendarme. Ben, 19 ans, assure pour sa part n’avoir aucune haine de l’uniforme. « Son rêve est de rentrer dans l’armée », assure son avocat.

« Ces comportements visent à créer du désordre et attiser la haine, et font courir un danger pour les tiers », martèle la procureure en réclamant des peines mixtes, avec une partie sous mandat de dépôt. « Il y a des manifestations avec des motifs légitimes et ceux qui en profitent pour semer le trouble », ajoute le ministère public.

"C'est Halloween le week-end prochain"

« Le garde des Sceaux demande une justice impitoyable, mais le rôle de la justice c’est d’apporter des peines adaptées », réplique la défense, fustigeant des réquisitions jugées trop sévères pour de tout jeunes majeurs. «Ce ne sont pas des black blocs… A 18 ans, on n’a pas toujours la maturité pour dire non aux copains », plaide Me Catherine Moissonnier.

Pour Ben, connu pour un seul fait de vol, le tribunal va écarter l’infraction de « participation à un groupement », mais le condamne à huit mois de prison avec sursis probatoire pour les dégradations par incendie.

Pour Jimmy, l’affaire prend une autre tournure : en l’espace d’un mois, il a déjà été condamné deux fois par le tribunal pour enfants pour des dégradations par incendie. A son encontre, le tribunal va prononcer une peine de six mois ferme avec maintien en détention. « Vous avez été suffisamment averti, et comme c’est Halloween le week-end prochain, on n’a pas envie de vous savoir encore dans la rue », conclut le président.

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