Crédits, séparation et menaces : un Saint-Leusien condamné pour harcèlement sur son ex

Un Saint-Leusien a été jugé par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour des faits de harcèlement sur son ex-femme. Atteint de bipolarité, il a fait vivre un calvaire à son ex et son nouveau compagnon en les harcelant par le biais de ses enfants. Pour lui, cette situation n'est pas due à la séparation, mais à cause des nombreux crédits qu'elle avait contractés lorsqu'ils étaient ensemble et qu'il se retrouve à devoir payer.
En septembre 2025, une sage-femme des Avirons va faire un signalement concernant l'une de ses patientes qui est victime de harcèlement de la part de son ancien mari. La patiente étant enceinte de 6 mois, la sage-femme craint que la situation n'impacte la mère et le futur bébé.
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Après 10 ans de vie commune et trois enfants, Julie* quitte Jean. Ce dernier souffre de bipolarité et a toujours été soigné, cela n'ayant pas eu d'impact sur leur vie familiale avant la séparation. Peu de temps après, elle rencontre un nouvel homme et tombe enceinte.
Dès lors, Jean va harceler constamment Julie. Après avoir été bloqué de partout, il utilise ses enfants pour faire passer ses menaces contre elle et son nouveau compagnon. Il va même faire ses recherches sur les Avirons pour savoir où ils vivent. Le couple déménage au Tévelave et Jean va même prendre contact avec le patron du nouveau compagnon pour savoir où ils vivent. Une fois, il s'est même lancé dans une course-poursuite en voiture avec elle, l'obligeant à s'arrêter à la gendarmerie de L'Étang-Salé pour se réfugier. Les enfants souffrent également de cette situation et sa fille de 10 ans ne veut plus le voir.
Les crédits à l’origine du conflit
Pour Jean, le problème n'est pas la séparation, mais le fait que son ex a pris plusieurs crédits à son nom et que c'est à présent à lui de payer pour des biens qu'il ne possède pas et qu'il se retrouve dans une situation financière compliquée à cause de cela.
« Je ne considère pas ça comme du harcèlement. C'est vrai que j'ai mis un peu la pression, mais je voulais qu'elle fasse un dossier de surendettement, car c'est elle qui a pris les crédits. Je ne pensais pas que ça affectait les enfants », assure-t-il à la barre. Les magistrats vont toutefois lui faire remarquer à plusieurs reprises que la manière « dont vous vous exprimez devant ce tribunal est révélatrice de la manière dont vous parlez aux gens. »
« Elle est restée un mois à l'hôpital après l'accouchement de peur de le croiser avec le nourrisson. Je n'ai pas l'impression qu'il veuille faire amende honorable. C'est la faute de tout le monde, sauf lui », argue Me Lucie Kerachni. En plus des mesures d'éloignement, elle demande le retrait de l'autorité parentale.
Sa bipolarité au cœur des débats
« Il y a toute sa maladie qui se traduit aujourd'hui. On voit quelqu'un qui avoue et quelqu'un qui se justifie. Ce qui m'inquiète le plus, ce sont les enfants au milieu de tout ça. Dans ce dossier, c'est le suivi médical qui est le nerf de la guerre », souligne la procureure qui requiert une peine de 15 mois de prison avec un sursis probatoire de 3 ans, une obligation de soins et demande que le Juge aux affaires familiales soit saisi pour la situation avec les enfants.
« Il y a eu 10 années de vie commune, trois enfants et une relation qui n'est pas empreinte de violences conjugales. Il y a aussi eu des insultes de Madame et ce n'est pas lui qui a unilatéralement créé un contexte de violences. Il se soigne, connaît ses fragilités... mais Madame aussi. Elle a contracté un nombre de crédits pharaonique, mais comme elle est insolvable et lui non, les banques lui tombent dessus. Ce n'est pas la séparation qui pose problème, c'est le surendettement », explique Me Florence Mercatello pour la défense.
Finalement, le tribunal va le condamner à 6 mois de prison avec sursis, une interdiction de contact avec son ex et son nouveau compagnon. Il doit verser 500 euros à son ex, 200 euros au nouveau compagnon et 800 euros à chacun des trois enfants pour le préjudice moral. Le tribunal ne retient pas la demande de retrait de l'autorité parentale.


