Schizophrène et alcoolisé : « Il y a des petits trucs qui n’allaient pas et j’ai pété un câble… »

Mercredi, un Saint-Andréen de 32 ans a été condamné à huit mois de prison ferme pour s’en être pris à sa famille puis aux policiers.
Idriss C., 32 ans, est d’humeur franchement colérique quand il est ivre. Le 23 novembre dernier, le Saint-Andréen s’est sans doute un peu trop penché sur les cinq litres du cubi de vin rouge, « partagé avec des copains ». A tel point qu’il sera contrôlé à l’issue de ses exploits avec 2,70 grammes d’alcool par litre de sang.
En attendant, il se trouve sous le toit familial en présence de sa sœur et de son beau-frère. La soirée dérape sans motif apparent. Idriss C. distribue une gifle à sa sœur et un coup de poing à son beau-frère. Ça dégénère au point que le prévenu finit par s’emparer d’un couteau. C’est à ce moment-là que les policiers se pointent. Ils ordonnent à Idriss C. de poser son arme.
« Je vais vous retrouver et tous vous tuer »
Le face-à-face est très tendu. « Lâche ! Lâche ! », crient les policiers. Comme il n’obtempère toujours pas et qu’il fait mine de poser le couteau en avançant et en vociférant, ils sont contraints de le braquer avec leurs armes de poing. Le récalcitrant est maîtrisé non sans mal. Les policiers ont fait usage de leur bâton télescopique avant de l’amener au sol et de le menotter.
Lui leur a porté des coups de pied et d’épaule. Il les a aussi menacés des pires représailles. Du style : « Je vais vous retrouver et tous vous tuer. » A la barre, Idriss C. est revenu à de meilleurs sentiments. Il dit « ne plus s’en rappeler » tout en assurant « ne rien avoir contre eux ». Idem pour sa famille. « Je regrette, je leur demande pardon. Je ne sais pas ce qui m’a pris. »
« Il y a des petits trucs qui n’allaient pas et j’ai pété un câble »
Le président est obligé de lui rappeler qu’il a un casier déjà bien garni, notamment pour outrage, rébellion et menace mais aussi pour des violences sur les pompiers. Pour tenter de trouver un début d’explication à son comportement, le prévenu fait état d’une « schizophrénie » avec des séjours à l’hôpital psychiatrique. « Il y a des petits trucs qui n’allaient pas et j’ai pété un câble », lâche-t-il à la volée.
Le ministère public requiert 10 mois de prison ferme à son encontre « dans un contexte de dangerosité ». Dans la foulée, Me Nicolas Normand fait part d’une « dangerosité qui n’est pas si identifiée, diagnostiquée et traitée que cela ». L’avocate demande aux juges d’en tenir compte avec un juste équilibre de la peine dans la mesure du possible. « Si la prison est un passage obligé pour lui, il faut qu’il en sorte dans des conditions satisfaisantes », insiste-t-il. Idriss C. est finalement condamné à huit mois de prison ferme.


