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Crèches du Tampon: Parents et salariés angoissent, à qui la faute?

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 30 mars 2012 à 17H27

Vu les relations déplorables que le maire du Tampon, Paulet Payet, entretient avec une grande partie de sa majorité, dont Didier Robert, il est particulièrement difficile dans le dossier des crèches de la commune de pointer les responsabilités des uns et des autres, et notamment des élus. Car l'AGCME a toujours été étroitement liée à la municipalité et les élus du conseil municipal ont toujours siégé au conseil d'administration de l'association. Pour se dédouaner de toute responsabilité, Paulet Payet a mis en avant un audit qui révélait des charges de personnel trop importantes; Le maire a en outre justifié la non-inscription d'une subvention au budget 2012 au motif que des documents n'auraient pas été transmis, comme cela était prévu dans la convention pluriannuelle d'objectifs et de moyens. Or, depuis 2008, plus de 80 % des administrateurs sont des élus du conseil municipal. En novembre dernier, sentant vraisemblablement le fiasco arriver, l'ensemble de ces élus a abandonné le navire en perdition, dont Béatrice Morel, adjointe au maire en charge de la petite enfance.

La crèche Nid Joli subitement transférer au CCAS

Démêler le vrai du faux dans cette affaire relève donc du domaine de la grande investigation. On peut néanmoins soupçonner le sabordement programmé. Cette hypothèse est d'autant plus probable que la structure a connu de nombreux bouleversements ces deniers mois, notamment pour ce qui concerne la gestion de la crèche "Nid Joli", autrefois gérée par l'AGCME et aujourd'hui par le CCAS. Apparemment, le transfert de gestion se serait fait subitement, la municipalité ayant décidé de confier la crèche au CCAS alors que l'AGCME s'apprêtait à relancer l'activité après une longue période de rénovation. "On devait rentrer dans les locaux en décembre 2011 mais les travaux avaient pris du retard. Du jour au lendemain, ils ont récupéré les clés", explique une des employées de l'association. Finalement, la crèche "Nid Joli" a été rebaptisée "P'tits Marmailles".

Juin 2011 : Paulet Payet tente de débaucher le personnel de l'association pour le CCAS

La destinée de l'AGCME a peut-être tourné le soir du 8 janvier 2011, alors que Paulet Payet et Didier Robert, réunis pour l'occasion, s'entretenaient avec l'ensemble du personnel. "Ça faisait longtemps que nous réclamions d'être reçues par les élus. 72 personnes étaient présentes", souligne une tatie. C'est à ce moment que la maire aurait suggéré à tout le personnel de démissionner de l'AGCME afin qu'il soit réembauché par le CCAS. Si une vingtaine de salariés a accepté cette proposition pour travailler au sein de la crèche "P'tits Marmailles", la majorité a refusé car les conditions d'embauche ne leur garantissaient pas de conserver les acquis de la convention collective SNAECSO (Syndicat National des Associations Employeurs des Centres Sociaux, associations petite enfance et associations du développement social local). Ainsi, la plupart des employées se serait vu repartir à zéro, sans la prise en compte de leur ancienneté. "On me proposait le SMIC après plus de 15 ans d'ancienneté", fustige l'une d'elle.

"Si la crèche ferme, ma vie s'arrête"

Aujourd'hui la vie professionnelle des Taties est suspendue à la décision du tribunal du commerce de liquider ou non l'association. Cette décision doit intervenir mardi prochain. Le soir même, le conseil municipal se réunira à nouveau pour évoquer l'accompagnement financier d'un hypothétique nouvel intervenant [(lire ici).]url:http://www.zinfos974.com/Tampon-L-union-sacree-autour-de-la-petite-enfance_a39660.html?preview=1Le Le maire s'est engagé auprès des parents pour assurer la continuité du service si l'AGCME était liquidée, mais dans quelles conditions ? C'est la question que se pose cette jeune mère de famille qui élève seule ses deux enfants en bas-âge: "Je n'ai pas de travail et pas de diplôme. Je suis actuellement une formation pour m'insérer professionnellement mais je devrais arrêter si la crèche ferme ses portes. (...) Je ne peux pas attendre que mes enfants soient grands pour trouver un emploi. Actuellement, je suis au RSA mais je veux me battre pour mes enfants (...). Je ne veux pas rester avec ce statut toute ma vie. C'est trop simple de dire que les gens qui sont au RSA ne veulent pas s'en sortir. (...) Ma vie dépend un peu de la crèche, si elle ferme, ma vie s'arrête."

Cette situation n'est pas sans rappeler le fiasco de l'Arast. Tout cela est d'autant plus curieux que le dernier "Tampon Magazine", celui du mois de mars 2012, fait un rapide état des lieux de "l'accueil des enfants de moins de 3 ans au Tampon". On peut y lire que la commune prévoit la création de 170 places supplémentaires sur le territoire pour les trois prochaines années. "On veut créer 170 places mais on en ferme 150", regrette une tatie. Pour l'heure, les salariés semblent penser que "le maire est dépassé par les événements". Quant à Didier Robert, qui lui fait la guerre au sein du conseil municipal, il reste bien silencieux sur la situation de cette association qu'il a autrefois présidé. "Peut-être arrivera-t-il mercredi tel un sauveur", ironisent les salariés. On leur souhaite.

 

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