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"Coup d’État", "viol de la Constitution", "trahison"
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Chaque rentrée parlementaire réserve son lot de surprises avec le gouvernement Lepep. Les têtes tombent une à une telle une malédiction ou comme dans un remake des dix petits nègres d'Agatha Christie. Après les ministres Dayal, Soodhun, l'Attorney General, c'est la Présidente de la République AGF fraîchement guillotinée politiquement dont on réclame l'exécution posthume sur la place politique sous forme de commission d'enquête. Le Premier ministre Pravind Jugnauth va instaurer une commission d’enquête sur les circonstances de l’annonce d’une commission d’enquête par Ameenah Gurib-Fakim ! Du génie ! Vive la République !
Ecrit par zinfos974 – le mardi 27 mars 2018 à 23H48

Alors qu'on est habitué à lire des articles élogieux sur l'ile Maurice dans la presse étrangère, c’est un énième scandale qui retient l’attention au plus haut sommet de l'Etat. Tous les médias étrangers ont suivi et relayé cette affaire à d’autres scandales.
Et pour cause, après le démantèlement de la BAI, le dossier Betamax, les coffres de l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam contenant Rs 220 millions, le départ forcé de Ravi Yerrigadoo de son poste d’Attorney General, de la démission de Raj Dayal du ministère de l’Environnement et de l’affaire MedPoint concernant le Premier ministre himself qui est comme une épée de Damoclès. Le petit Pravind a beau gesticuler dans tous les sens pour sortir la tête hors de l'eau, il est plombé par toutes ses grosses affaires qui nuisent à la stabilité du pays.
Tout commence avec la colère des étudiants qui allèguent avoir été bernés par le Planet Earth Institute d’Alvaro Sobrinho en novembre 2016. La FSC initie une enquête sur le personnage et la connexion entre le milliardaire angolais et la présidente de la République d'Ameenah Gurib Fakim discutée au parlement.
L'Express publie un relevé bancaire indiquant des dépenses d’un million de roupies pour l’achat de bijoux et de vêtements. Une carte de crédit utilisée par “inadvertance” une vingtaine de fois selon la principale intéressée. Ce qui allait devenir l’affaire Platinum Card.
Ambiance digne d'un psychodrame.
Le petit Pravind est colère. Madame lui a fait l'affront de résister et de le défier depuis la fin des célébrations officielles des 50 ans d’indépendance dans le scandale Platinum Card. Mieux. Elle a initié une commission d'enquête pour clarifier l'affaire. Sauf que Madame ne peut être juge et partie et encore moins jouer avec la Constitution du pays. La chasse aux sorcières peut commencer. Les mots sont violents et très graves : "complot", "violation de la Constitution", "complicité", "trahison". On se croirait dans un putsch programmé et désamorcé. L'ex résidente du Chateau de Réduit est invitée cordialement à venir témoigner. Et ceci sous des menaces à peine voilées. Le petit Pravind dit détenir des choses graves. Très graves. Le maître chanteur n'en dira pas plus.
Et comme le ridicule a tendance à lui coller aux basques, le Premier ministre affirme que la question d’une commission d’enquête sur les intérêts d’Alvaro Sobrinho à Maurice ne se pose pas tant qu’il n’est pas en présence de preuves tangibles nécessitant une telle initiative.
"Donnez-moi une raison pour laquelle je devrais !" Le coup de l'ardoise magique des hommes politiques ! On en viendrait à oublier toutes les mises en examen pour corruption, blanchiment d'argent et les emmerdes judiciaires du bellâtre Alvaro.
"L’avenir m’attend". C'est dans un message vidéo diffusé sur sa page Facebook que l’ancienne présidente de la République dit quitter ses fonctions «avec léker gros».
Revenant sur l’affaire Platinum Card, Ameenah Gurib-Fakim affirme à nouveau n’avoir rien à se reprocher. Confiante que "la vérité éclatera" si jamais une enquête est diligentée sur cette affaire. "Mo reste confiante ki si l'enquête pou fer, la vérité pou éklaté ek mo pou lave mo l'honneur". Elle annonce son retour dans le domaine scientifique et de la recherche et continuera d’œuvrer pour la République de Maurice en tant que scientifique. Ça c'est pour la bande-annonce. Le film qui va suivre mérite d'être salué par la critique.
Notre nouvelle Diva s'en est allée sur la pointe des pieds, dans le déshonneur mais pas les poches vides.
Une pension de 89 000€ et une allocation de 21 325€ par an. Joli pactole.
Selon la Constitution et la Presidents’ Emoluments and Pension (Amendment) Act, il s’avère qu’un ancien président ou vice-président a droit à une pension non imposable d’un montant de deux tiers de son salaire, à un bureau, à un secrétariat et à une voiture, avec chauffeur à vie. Le tout aux frais des contribuables. On apprécie les largesses et la générosité de la patrie pour services rendus.
Cette loi prévoit aussi des avantages pour la conjointe ou le conjoint du/de la président(e). En cas de décès, pendant ou après son mandat, la personne qui partage sa vie aura droit à sa pension complète pendant une année et la moitié de la somme pour le restant de sa vie.
Dans un mélange d'hypocrisie dont ils ont le secret, l'opposition, les députés, les ministres, ont flingué l'ancienne présidente et ses privilèges. En oubliant au passage qu'ils sont logés à la même enseigne. Le Premier ministre pour des raisons inconnues au bataillon était le seul à instituer un tribunal, ce qui aurait permis en cas de faute grave établie, qu’Ameenah Gurib Fakim, ne parte avec tous les privilèges. Il a préféré une commission sur une commission d'enquête et que toutes revendications passent par l'ICAC. Un autre repère de faussaires et de bons à rien.
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