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Corsair mise sur La Réunion mais alerte sur la flambée du kérosène : "Les hausses de tarifs sont inévitables"

Ecrit par Pierrot Dupuy avec Julien Delarue – le mercredi 15 avril 2026 à 10H51
Le PDG de Corsair, Pascal de Izaguirre,

De passage à La Réunion pour inaugurer le nouveau salon privatif de Corsair à l’aéroport Roland-Garros, le PDG Pascal de Izaguirre a réaffirmé le poids stratégique de l’île pour la compagnie. Mais il prévient aussi : avec un kérosène qui a explosé ces dernières semaines, les billets d’avion pourraient encore grimper.

Corsair soigne son image… et son implantation réunionnaise. En visite à Saint-Denis, le président-directeur général de la compagnie, Pascal de Izaguirre, a inauguré le nouveau salon privatif installé à l’aéroport Roland-Garros, symbole selon lui de la montée en gamme engagée depuis plusieurs années. « Corsair est engagée dans une stratégie de transformation profonde, de prémiumisation et de montée en gamme », explique-t-il, évoquant une flotte modernisée, des services renforcés à bord et désormais une attention portée à l’expérience au sol.

Le choix de La Réunion pour lancer ce nouveau concept n’a rien d’anodin. « Vous êtes le premier salon », insiste le dirigeant, soulignant l’importance de l’île dans le réseau Corsair. La compagnie dessert La Réunion depuis plus de 35 ans et considère Saint-Denis comme un véritable hub régional. « À partir de Saint-Denis, nous rayonnons vers Mayotte, Madagascar et l’île Maurice », rappelle-t-il. C’est également sur la ligne Paris-Saint-Denis qu’a été déployé le premier Airbus A330neo de la flotte.

Interrogé sur une éventuelle liaison commercialisable entre La Réunion et Maurice, serpent de mer du transport aérien régional, Pascal de Izaguirre renvoie la balle aux autorités mauriciennes. « Nous n’avons toujours pas obtenu les droits de trafic entre La Réunion et Maurice », affirme-t-il. Résultat : certains vols peuvent techniquement effectuer la liaison, mais sans embarquer ni débarquer de passagers entre les deux îles.

Hausse du kérosène, hausse des billets

Mais le sujet brûlant du moment reste ailleurs : le prix du carburant aérien. Le patron de Corsair confirme que la hausse du kérosène pèse déjà lourdement sur le secteur. « Il était à 750 dollars la tonne avant le conflit. Il a dépassé 1.550 dollars en moyenne au mois de mars, et en avril il est encore plus élevé », détaille-t-il. Selon lui, le carburant représentait 25 % des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne ; il pèse désormais entre 40 et 45 %.

Conséquence directe : de nouvelles augmentations tarifaires sont à prévoir. « Les hausses sont inévitables », tranche Pascal de Izaguirre, tout en assurant que les compagnies cherchent à les contenir pour ne pas casser la dynamique des réservations estivales. « Il est impossible de ne pas répercuter partiellement une telle augmentation de notre principal poste de dépenses. »

Quant à une aide massive de l’État, le dirigeant n’y croit guère. « La période du quoi qu’il en coûte, c’est terminé. L’État n’a plus les moyens budgétaires », estime-t-il. Le secteur réclame surtout des facilités de trésorerie ou des assouplissements réglementaires.

Dernière inquiétude évoquée : celle d’une éventuelle pénurie. Si le conflit au Moyen-Orient devait durer et perturber l’approvisionnement, les conséquences pourraient être lourdes. « Si un jour il y a des pénuries de kérosène, cela se traduira par des annulations de vols », prévient le patron de Corsair. Une hypothèse encore écartée à court terme, mais désormais clairement sur la table.

Lire aussi : Billets d’avion : Air France relève encore ses tarifs sur fond de flambée du kérosène

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