Convoyeurs de fonds : la CTFC et la CFDT alertent le procureur sur des manquements à la sécurité

Dans un courrier adressé au préfet et au procureur de la République, deux syndicats rapportent trente manquements aux règles qu'ils précisent déjà avoir signalés en commission départementale de sécurité. Ils dénoncent notamment l'utilisation de véhicules blindés n'ayant pas effectué de visite technique malgré leur mise en service il y a une vingtaine d'années.
La liste est trop longue pour être énoncée : du « non-respect des conditions de sécurité pour le transport et la manipulation des fonds » à la « non conformité des véhicules blindés », en passant par « l'absence de moniteur de tir qualifié » ou le « non-respect des cheminements et de la collecte de fonds », les syndicats CFTC et CFDT dénoncent en trente points détaillés des manquements observés et signalés concernant les pratiques, pourtant très réglementées, des trois entreprises locales de transport de fonds.
Des griefs déclinés dans une lettre ouverte adressée au préfet de La Réunion et au procureur de la République. Un courrier dans lequel les deux syndicats évoquent aussi, pêle-mêle, des « emplois de complaisance » réservés à des proches de la direction, des « pressions sur les représentants du personnel » ou encore le recours à des personnels non-autorisés pour effectuer des transports de fonds.
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« On est devant le silence des autorités », déplore Jean-Yves Hoarau, le président de la CFDT qui parle de « chasse aux sorcières » exercée contre deux délégués syndicaux de la Brinks et de Réunival. Le premier fait l'objet de quatre procédures de licenciement. Le second, qui en comptabilise pour l'instant deux, a été placé en dispense d'activité depuis un an. L'inspection du Travail a rejeté toutes les demandes de licenciement jusqu'ici, ce qui ouvre la voix à une probable poursuite des entreprises pour licenciements abusifs.
« Faut-il un accident grave pour pouvoir faire bouger les choses ? Il ne s'agit pas seulement de la seule sécurité du personnel mais de celle de tout le monde autour », abonde Rémy Belda pour la CFDT Transport, en faisant allusion à un état des véhicules blindés décrit comme calamiteux.
Des profits qui passeraient avant les règles de sécurité
Jean-Yves Hoarau estime que pour les trois entreprises locales de transport de fonds, « le profit passe avant tout ». Et assure que la nomination par le CSE de la Brinks d'un commissaire aux comptes a été très mal prise par la direction.
La CFTC et la CFDT ajoutent que Réunival serait aussi en dehors des clous en ayant pris le parti de dissocier trois activités fiduciaires en trois sociétés distinctes, « en violation du principe d'exclusivité des activités de sécurité privée ». Ce qui permettrait notamment à l'entreprise de ne pas devoir constituer de CSE pour informer les salariés, glissent les syndicats.
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La commission départementale de sécurité, l'instance qui réunit les services de l’État, les sociétés de transport de fonds et les représentants du personnel, ne s'est pas réunie depuis le 22 mars 2024, malgré une grève des convoyeurs en novembre dernier et de multiples remous médiatiques.
Le président de la CFTC, qui répète espérer qu'il ne faudra pas attendre qu'un accident se produise avec un véhicule blindé pour que les autorités se réveillent, indique qu'une nouvelle grève, ainsi qu'un courrier au ministère de l'Intérieur, sont en préparation.


