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Drame de Lyhanna : Stop VIF réclame des actes pour protéger les enfants réunionnais

Ecrit par Gaetan Dumuids – le samedi 20 juin 2026 à 11H28

Le collectif Stop VIF – Protégeons nos enfants a adressé un courrier au Premier ministre, au Garde des Sceaux et au ministre des Outre-mer. Il réclame des mesures fortes contre les violences faites aux enfants à La Réunion et demande à être associé aux travaux autour d’une future loi.

L’émotion ne suffira pas. C’est, en substance, le message que veut faire passer le collectif Stop VIF – Protégeons nos enfants, après le drame de la petite Lyhanna, qui a bouleversé La Réunion.

Dans un courrier adressé au Premier ministre, au Garde des Sceaux et au ministre des Outre-mer, le collectif dit craindre que cette affaire finisse, comme d’autres avant elle, par disparaître du débat public sans réponse structurelle.

Selon Stop VIF, les annonces ponctuelles ne répondent pas à l’ampleur du problème. Le collectif demande une loi « intégrale », mais insiste pour qu’elle soit adaptée aux spécificités réunionnaises et ultramarines.

Une délégation réunionnaise réclamée

Le collectif demande à être reçu par l’État afin de participer aux discussions sur les mesures à mettre en place. Il souhaite qu’une délégation réunionnaise soit associée aux prochains travaux autour de la protection de l’enfance.

Dans son courrier, Stop VIF rappelle avoir déjà rencontré des membres du gouvernement en 2022, mais estime que ces échanges sont restés sans suite malgré des propositions opérationnelles.

Le collectif indique vouloir relayer cette démarche auprès des parlementaires et de plusieurs organisations associatives nationales avec lesquelles il dit travailler, dont l’ANACEJ, l’UNICEF et La Voix de l’enfant.

8 000 informations préoccupantes par an

Dans sa lettre, Stop VIF affirme que 8 000 informations préoccupantes sont recensées chaque année à La Réunion, soit près de 24 enfants par jour en situation de danger. Le collectif avance également que 83 % des affaires concernant des mineurs seraient classées sans suite sur le territoire.

Pour les signataires, le drame de Lyhanna met en lumière des défaillances dans le repérage, le traitement et le suivi des situations de danger. Ils citent aussi d’autres enfants réunionnais morts sous les coups ou victimes de violences, comme Elianna, Mathéo, Gabriel ou Stenaya.

Des demandes précises à l’État

Le collectif réclame le lancement d’une mission interministérielle dédiée aux violences faites aux enfants dans les Outre-mer, ainsi qu’un renforcement des moyens humains et financiers de la protection de l’enfance, de la justice des mineurs, de l’Éducation nationale et des associations spécialisées.

Stop VIF demande aussi une réduction des délais de traitement des signalements, un protocole renforcé entre les services sociaux, l’Éducation nationale, les forces de l’ordre, la justice et les professionnels de santé, ainsi que la création d’un observatoire ultramarin des violences faites aux enfants.

Le collectif appelle également à l’organisation d’États généraux de la protection de l’enfance dans les Outre-mer, associant institutions, associations, professionnels et familles.

La parole de l’enfant au centre du débat

Une partie importante du courrier porte sur la prise en compte de la parole des enfants. Stop VIF estime que la parole d’un mineur capable de discernement reste trop souvent entendue trop tard, ou insuffisamment prise en compte lorsqu’il dénonce des violences.

Le collectif réclame notamment des délais contraints pour les plaintes pénales impliquant des mineurs victimes de violences, un renforcement de l’évaluation du danger dès les premiers signalements et une meilleure articulation entre la justice, les services de protection de l’enfance et les professionnels de santé.

Stop VIF souhaite aussi que la parole d’un enfant, lorsqu’elle est constante, cohérente et corroborée par des éléments éducatifs, médicaux, psychologiques ou sociaux, conduise rapidement à des mesures de protection effectives, indépendamment de l’issue de la procédure pénale.

Deux rassemblements annoncés

Le collectif annonce vouloir maintenir la pression. Il prévoit notamment deux rassemblements simultanés le lundi 22 juin à 16h, devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis et devant le Département de La Réunion.

Selon Stop VIF, des enfants seront présents pour s’exprimer. Le collectif affirme vouloir lancer chaque semaine une nouvelle opération afin que le drame de Lyhanna ne soit pas suivi d’un simple retour au silence.

Etiquettes : Lyhanna | protection enfance | PU1 | VIF

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