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Contrôlé, il donne l'identité de son jumeau mais a son propre prénom tatoué dans le cou

Un jeune homme de 27 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de conduite sans permis, sans assurance et sous stupéfiants. Pour ne rien gâcher de sa performance, il a en plus usurpé l'identité de son frère jumeau qui vit en métropole.
Ecrit par Régis Labrousse – le samedi 5 octobre 2024 à 09H18

Le 26 septembre dernier au Port, il est 15 h 40 lorsque Erico R. se fait arrêter par les policiers portois lors d'un contrôle de routine. Il attire l'attention du policier qui le voit en train de chercher à se débarrasser de sa pièce d'identité. La raison est simple : il vient de donner le prénom de son frère jumeau. Pas très malin d'autant que l'agent se rend compte qu'il s'est fait tatouer son propre prénom dans le cou. Pour ne rien arranger, il n'a jamais passé le permis, n'a pas assuré la voiture qu'il a récemment achetée et, pour couronner le tout, est testé positif à la cocaïne. Passons sur le fait qu'il est en plus sous bracelet électronique au moment des faits alors qu'il est sorti de prison suite à un aménagement de peine le 3 juin dernier. Il est placé en garde à vue et jugé ce lundi dans le cadre de la comparution immédiate.

À la barre, c'est son avocate qui entame l'audience en déposant une exception de nullité concernant la validité du test de stupéfiants. Elle met en exergue le fait que l'opération n'a pas été faite dans les règles. En effet, le policier a effectué le prélèvement alors que c'est l'intéressé qui doit le faire. Ensuite, il n'a pas été indiqué de taux sur le procès-verbal, ce qui ne permet pas au mis en cause de le contester en demandant une contre-expertise. La robe noire demande donc au tribunal, l'annulation de cette prévention. Le parquet indique, "par honnêteté intellectuelle", ne pas soutenir la validité du PV concernant le contrôle de stupéfiants.

 

"Qu'est-ce que vous n'avez pas compris ?"

 

Pour sa part, le prévenu explique qu'il était malade et, devant se rendre à la pharmacie, a utilisé son véhicule. Se pose alors, comme toujours d'ailleurs, la question du tribunal : "Pourquoi acheter une voiture alors que vous savez pertinemment que vous n'avez pas le droit de la conduire ?". La réponse est alors plus que claire : "Je ne veux pas marcher ou prendre le car", explique Erico R., qui voulait se faire passer pour son frère jumeau. Face à tant de franchise, la présidente le reprend de volée : "Qu'est-ce que vous n'avez pas compris ? Vous êtes sous bracelet suite à une mesure de faveur ! Pour ne pas vous retrouver au tribunal, la première chose est de ne pas commettre d'infractions, surtout quand on est sous le coup d'une exécution de peine", fustige la magistrate. "Je n'ai pas réfléchi, j'avais peur de retrouver en prison", répond le prévenu tout penaud.

Sorti de prison le 3 juin 2024, il effectuait une peine de trois ans et demi depuis le 9 mars 2022 ou il a été placé sous bracelet électronique. La mesure devait se terminer le 1ᵉʳ octobre. De son côté, la procureure met en avant les 13 mentions de son casier judiciaire, notant qu'il est "sous une mesure de confiance avec le bracelet". Elle requiert 9 mois de prison pour la conduite sans permis et sans assurance, 6 mois pour l'usurpation d'identité et le maintien en détention. "Il donne le nom de son frère, car c'est son jumeau. Il a eu peur de retourner en prison", indique la défense qui plaide une peine pour une peine aménagée et, bien entendue, la relaxe des faits de conduite sous stupéfiants. Au final, le tribunal prononce la relaxe pour la conduite sous stupéfiants et suit les réquisitions du parquet pour le reste des faits. Erico R. retourne en détention pour 15 mois.

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