Revenir à la rubrique : Politique

Contrats aidés en baisse : un "séisme social", les élus appellent à manifester le 20 mai

Ecrit par T.L. sur place avec J.D. – le mardi 5 mai 2026 à 17H40

Réunis ce mardi en préfecture, plusieurs maires ont quitté la journée d’accueil des élus pour dénoncer la chute des contrats PEC à La Réunion. Seuls 800 contrats sont prévus pour les communes et intercommunalités en 2026.

Le malaise a éclaté en pleine préfecture. Ce mardi, à l’occasion de la traditionnelle journée d’accueil des maires nouvellement élus, plusieurs édiles réunionnais ont quitté le programme officiel après l’annonce des nouveaux quotas de Parcours emplois compétences (PEC) pour 2026. Emmanuel Séraphin, Patrick Lebreton, Olivier Hoarau, Ericka Bareigts, Erik Fontaine, Alexis Chaussalet ou encore Céline Sitouze se sont retrouvés ensuite en conférence de presse, à Saint-Denis, pour dénoncer une baisse jugée brutale.

Seulement 800 contrats pour les 24 communes

Sur une enveloppe totale de 4.000 PEC pour La Réunion en 2026, seuls 800 contrats seraient réservés aux 24 communes et aux cinq intercommunalités, pour une durée ramenée à six mois et une prise en charge de l’État limitée à 40%. Le Département bénéficierait de 1.700 contrats, la Région de 250 pour les emplois verts, tandis qu’un peu plus de 1.000 contrats seraient fléchés vers le tissu associatif.

Pour les maires, le choc est d’autant plus fort que les budgets communaux sont déjà votés. L’Association des maires de La Réunion dénonce une décision prise sans concertation et alerte sur une rentrée 2026 déjà fragilisée, notamment pour le périscolaire, la restauration scolaire ou encore l’entretien des espaces verts.

Lire aussi : 800 contrats aidés pour les communes : les maires dénoncent une répartition “intenable”

"Coup de massue"

Alexis Chaussalet, maire du Tampon, parle d’un véritable "coup de massue". "Lorsqu’on nous donne toutes ces belles intentions et qu’on finit la matinée en nous expliquant que demain, nous allons devoir faire, en ce qui concerne la commune du Tampon, avec 90% de PEC en moins, comment voulez-vous qu’on accepte cette information sans sourciller ?" Avant d’ajouter : "Je n’ai pas été élu pour aller dans les salons de la préfecture pour écouter des discours alors qu’on nous donne des coups de massue."

Manifestation le 20 mai

Au-delà des collectivités, les élus alertent sur les conséquences sociales. "C’est l’avenir du territoire qu’on ampute, c’est l’avenir de nos marmailles, c’est la qualité de nos services publics qu’on est en train de dégrader", poursuit l’édile, qui appelle la population à se mobiliser le 20 mai. "Allons nous battre, non pas pour les PEC, allons nous battre pour l’avenir de La Réunion, allons nous battre pour l’éducation, allons nous battre pour les services publics."

Du côté de Saint-Leu, le maire Karim Juhoor évoque lui aussi un "choc majeur" et une décision "brutale et unilatérale" de l’État. Il insiste sur une annonce intervenue après le vote des budgets communaux, plaçant les collectivités devant le fait accompli. "On ne peut pas demander aux communes d’être en première ligne face aux urgences sociales, scolaires et territoriales, puis leur retirer brutalement les moyens d’agir. Cette méthode est inacceptable", dénonce-t-il, estimant que les communes se retrouvent désormais "dans une impasse budgétaire et humaine".

La colère dépasse désormais le seul cadre des maires. Le député Jean-Hugues Ratenon dénonce une décision "scandaleuse et irresponsable", pointant un passage de 10.000 contrats en 2025 à 4.000 en 2026. "Apprendre qu’après répartition, à peine 800 contrats seraient destinés aux 24 communes […] rend cette situation tout simplement scandaleuse", fustige-t-il, estimant que les collectivités ne pourront pas assurer leurs missions essentielles, de la cantine à l’entretien des équipements publics.

Pour la Région, un "scénario catastrophe"

Dans un communiqué, la Région Réunion évoque un "scénario catastrophe" et estime que jamais le niveau des contrats aidés n’avait été aussi bas depuis près de vingt ans, pointant un impact direct sur les services publics, l’environnement et la cohésion sociale.

La sénatrice Audrey Bélim a également interpellé le gouvernement, rappelant que La Réunion comptait 25.000 PEC en 2024, 10.000 en 2025 et seulement 4.000 annoncés pour 2026. Elle demande des explications sur cette évolution et ses conséquences concrètes pour les collectivités.

Pour les maires, la ligne est désormais claire : faire pression sur l’État avant la rentrée. Car derrière les chiffres, c’est toute une organisation municipale qui vacille, des écoles aux cantines, des espaces verts aux services de proximité. Et avec elle, plusieurs milliers de familles déjà fragilisées.

Etiquettes : Contrats aidés | PEC

Dans la même rubrique

0💬
Tri :