Conseil municipal à Saint-Pierre : tensions autour des alliances et des indemnités

Réuni ce mercredi soir, le conseil municipal de Saint-Pierre a largement été consacré à la désignation des représentants dans les commissions communales mais aussi au vote des indemnités des élus. Une séance marquée par des tensions politiques et des critiques de l’opposition.
Dans cet exercice de répartition des élus dans les différentes commissions communales, l’élue d’opposition Emeline Kbidi y a vu bien plus qu’un vote technique." On a pu découvrir que des membres de l'opposition qui étaient notamment sur la liste de Monsieur Anda et Monsieur Anda lui-même se retrouvent aujourd'hui sur la liste, une "histoire d'amour" avec Monsieur Lorion", a-t-elle lancé, pointant notamment la présence de Moze Dijoux, élue issue de l’opposition menée par Jean-Gaël Anda, sur une liste de la majorité pour siéger au CCAS.
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Pour l'élue, ce conseil révèle les positions de chacun au sein du conseil municipal et brouille les frontières entre majorité et opposition : "On voit l'opposition, en tout cas celle qui ne l'est plus depuis longtemps, faire liste commune pour le CCAS ou à la commission d'appel d'offres", a-t-elle poursuivi. L’élue affirme incarner désormais la seule opposition identifiable au sein du conseil municipal. "J'avais indiqué, au soir même de l'élection, parce que les résultats étaient tombés, qu'il n'y avait plus à Saint-Pierre qu'une seule opposition. Je pense que ce soir c'est confirmé et on voit bien qu'il n'y a que huit membres d'opposition dans ce conseil municipal et pour les Saint-Pierrois c'est celle que je représente et je suis fière de le faire ", a-t-elle insisté.
Face à ces critiques, Jean-Gaël Anda, tête de liste "Saint-Pierre d'abord", assume cette "opposition constructive pour le bien commun". L’élu affirme ajuster ses positions, guidé par " l'intérêt général et non pas dans le cadre d'une politique politicienne" ou encore "de stratégie de conquête du territoire", a-t-il pointé de l'autre côté de l'opposition.
Une baisse de la fiscalité dans un contexte incertain
Les débats ont également glissé vers les questions financières. Les élus ont validé une baisse du taux d’imposition du foncier bâti pour 2026, concrétisant ainsi un engagement pris par la majorité. Une mesure que le maire David Lorion a lui-même replacée dans un contexte contraint. "Une diminution certes pas très forte parce que nous sommes dans une période de difficultés économiques mondiales avec des fragilités financières sur toutes les collectivités", a-t-il reconnu.
La question des recettes issues de l’octroi de mer a également suscité des échanges. Face aux interrogations de l’opposition, le maire David Lorion a tenu à tempérer les projections. "Même s'il y a cette augmentation des prix des carburants et des recettes de l'octroi de mer qui y sont liées, il n'est pas évident qu'in fine, au regard de la baisse des activités et de la consommation, que nous ayons des recettes supplémentaires d'octroi de mer. Je crois là qu'on vend la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Ceux qui font des promesses devront les tenir. Je ne vais pas promettre quelque chose que je n'ai pas", a-t-il répondu.
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Les indemnités des élus au cœur de tensions
La discussion s’est enfin tendue autour de la question des indemnités de fonction des élus. Une majoration de 20 % a été adoptée, en lien avec le statut de commune chef-lieu d’arrondissement. La mesure concerne seulement les adjoints, le maire a lui choisi de ne pas en bénéficier “par décision personnelle”.
Emeline Kbidi a dénoncé une décision en décalage avec la réalité sociale du territoire. "Je trouve que c'est assez indécent dans le contexte économique et social actuel de prévoir une majoration de 20 % pour les fonctions des élus alors que la pauvreté gagne du terrain à Saint-Pierre".
Axel Vienne, 14e adjoint, a pris la parole pour défendre cette revalorisation au nom de la majorité. "Il ne faut pas que nous ayons honte pour le travail et les déplacements que nous faisons", a-t-il affirmé, avant d’ajouter : "Le travail est déjà engagé. Nous ne déméritons pas. Ce n'est pas un salaire mais bien une indemnité pour le temps que nous passons, pour les responsabilités que nous portons", a-t-il insisté.


