Conjugopathie : Casserole et barre de fer sous le sapin

Jean-Philippe M. ne fait que parler. Malheureusement, ses propos sont peu cohérents et il s'enfonce un peu plus à chacune de ses déclarations. Le tribunal s'agace de son comportement d'autant que le prévenu ment comme un arracheur de dents. Malgré les blessures présentées par sa compagne, il affirme que c'est en essayant de lui arracher son téléphone des mains qu'elle est tombée, se cognant le visage sur un tabouret. Les murs de la salle d'audience correctionnelle ont entendu des dizaines et des dizaines de fois cette rengaine : c'est pas moi, c'est elle.
Car Jean-Philippe M, une petite quarantaine, est jaloux et n'accepte pas la séparation effective depuis quelques semaines. Il n'accepte pas non plus que madame ait rencontré quelqu'un d'autre. Raison pour laquelle le 15 décembre dernier, il lui a assené des coups de poing au visage et dans le dos, des coups de pied et même un coup avec une casserole et un autre avec sa barre de musculation. L'intéressé aurait également proféré des menaces de mort mais il promet que "c'était pour plaisanter". Le tribunal n'a pas l'air d'avoir envie de rire. On le comprend. Autre argument, "elle me pompe mon argent", ce qui donnerait le droit à cet homme de frapper sa compagne. Argument qui est loin d'être du goût de la parquetière qui requiert 18 mois de prison avec incarcération immédiate et la révocation d'un sursis qui pèse sur la tête du mis en cause suite à des violences conjugales sur une précédente conjointe.
Vient ensuite le tour de Dimitri B., 37 ans, en couple depuis une vingtaine d'années. Un couple qui souffre de conjugopathie d'après les juges. Malgré l'interdiction de contact, le trentenaire a tenté de pénétrer chez la mère de ses trois enfants et a détruit une partie du portail tout en se montrant agressif et menaçant alors qu'elle s'était enfermée chez elle avec les marmailles.
Interpellé au bar du Stade à Saint-André, Dimitri B. avait alors 1,22 gramme d'alcool par litre de sang. Niant d'abord les faits, le prévenu a ensuite fait jouer le trou de mémoire alors que la victime est venue à la barre pour expliquer à quel point elle "n'en pouvait plus". Même les enfants avaient écrit une lettre à leur père pour le supplier de régler ses problèmes d'alcool et demander aux juges de ne pas l'envoyer en prison. "Du grand n'importe quoi", selon la représentante de la société qui a proposé au tribunal de prononcer une peine d'un an de prison sans aménagement. Finalement relaxé des menaces de mort pour lesquelles il était poursuivi, Dimitri B a écopé de 120 jours amende à 10 euros.


