Conférence péi : la Plateforme réunionnaise appelle à l’unité, le PLR reste en retrait

Initiée par la Plateforme réunionnaise (PS, PCR, Banian, Europe Écologie-Les Verts, Ansanm), une "Conférence péi" s’est tenue ce mercredi 6 octobre à la salle Lo Rwa Kaf à Sainte-Suzanne. L’objectif : rassembler les forces vives de La Réunion (partis politiques, associations, organisations économiques et syndicales) pour dialoguer et élaborer un projet "pensé par et pour les Réunionnais". Cette initiative vise notamment à préparer une réponse collective face aux défis que pourrait poser le budget 2025 en cours de préparation par le gouvernement.
Plus de cent participants se sont réunis en cinq ateliers thématiques : solidarité humaine, solidarité territoriale, transition écologique, économie et emploi, et développement humain. Plusieurs élus locaux et maires ont fait le déplacement, dont Éricka Bareigts (Saint-Denis), Maurice Gironcel (Sainte-Suzanne), Patrice Selly (Saint-Benoît) et Sidoleine Papaya (Salazie). Les parlementaires Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard (Rézistans' Egalité 974 - LFI), ainsi que Philippe Naillet et Audrey Bélim (PS), ont également pris part aux échanges par visioconférence.
Une libre expression bienvenue dans le débat
À noter qu’au début du lancement des ateliers, un collectif d’une dizaine de personnes est intervenu pour interpeller les participants, exprimant parfois de manière directe leurs critiques sur la prise en compte de leurs doléances par les politiques. Les organisateurs ont permis cette intervention, affirmant que la "Conférence péi" se voulait justement un espace de libre expression pour enrichir les débats et favoriser un dialogue transparent.
Ratenon et Gaillard répondent présents, le PLR se justifie sur son absence
Bien que la Conférence ait rassemblé une grande diversité d’acteurs, le mouvement Pour La Réunion (PLR) et plusieurs de ses parlementaires affiliés ont été les seuls absents notables de l’événement. Dans un communiqué, le PLR a exprimé ses regrets quant à la méthode d’organisation, affirmant n’avoir reçu l’invitation que le lundi précédant la réunion. Selon le PLR, une concertation plus large aurait permis de fédérer davantage de forces locales.
"Prendre cette initiative de manière unilatérale, sans consultation en amont, est dommageable", déclare le PLR dans son communiqué. Le mouvement insiste sur la nécessité d’une réponse collective face aux défis imposés par le gouvernement, qu’il accuse de vouloir "faire des économies sur le dos de nos services publics et des collectivités locales". Pour le PLR, seules des actions coordonnées, incluant les parlementaires et représentants institutionnels, pourraient faire face efficacement aux impacts du budget 2025. Une prise de position qui peut sembler paradoxale, sachant que le PLR et ses soutiens étaient précisément les seuls à manquer à cette conférence péï, qui réunissait des élus de tous horizons.
À l’inverse, les députés de La France insoumise, Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard, ont soutenu pleinement la démarche de la Plateforme réunionnaise. Dans leur communiqué, ils appellent à "dépasser les clivages partisans et les enjeux politiques municipaux pour défendre l’intérêt général". Les deux hommes insistent sur l’urgence d’une réponse unifiée face à la vie chère, à la dégradation des services publics, et aux défis environnementaux que subit La Réunion.
"Que ce soit sur les retraites, les salaires, le logement, la transition écologique, le développement économique ou l’emploi : seul l’intérêt supérieur de La Réunion doit prévaloir", martèlent-ils, tout en apportant leur soutien à l’appel lancé par le syndicat FO pour un nouveau COSPAR contre la vie chère. Les deux députés estiment que le Département et la Région devraient prendre des initiatives fortes pour renforcer ce mouvement.
Éricka Bareigts prône l’unité pour des actions efficaces à Paris
En marge de la Conférence, la maire de Saint-Denis, Éricka Bareigts, a exprimé son soutien à l’idée de bâtir un front commun pour porter la voix de La Réunion dans la capitale. "À Paris, quand on ne porte pas les choses en commun, c’est compliqué de faire avancer les dossiers", a-t-elle affirmé, rappelant l’importance d’une unité d’action pour peser dans les débats nationaux.


