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Conduite sans permis, sans assurance, sous stupéfiants : « Il n’y a pas mort d’homme »

Un homme de 52 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis ce lundi pour des faits de conduite sans permis, sans assurance, sans carte grise et sous stupéfiants. Là où le bât blesse, c'est qu'il conduit sans le précieux sésame depuis plus de 14 ans.

Ecrit par Régis Labrousse – le mardi 14 mai 2024 à 15H32

Tout part d’un banal accident de la circulation le 9 mai dernier à Bras Panon. Un automobiliste, arrivant à vive allure, percute un véhicule puis un second par ricochet. Constatant l’état « bizarre » du conducteur tentant de mettre sa femme à sa place puis de prendre la poudre d’escampette, les victimes font appel aux gendarmes. Les militaires découvrent que Paul R. conduit sans permis, sans assurance, sans carte grise et sous stupéfiants. Il est interpellé puis placé en garde à vue. Avec 14 mentions à son casier, sous contrôle judiciaire et en récidive de conduite sans permis et sous stupéfiants, Paul R. était jugé ce lundi en comparution immédiate. Le tribunal avait à juger pas moins de 16 faits en lien avec des infractions de délinquance routière commis entre 2023 et 2024.

À la barre, le prévenu apparait penaud, les bras ballants, semblant implorer le tribunal d’entendre son mea-culpa. S’il se confond en excuses devant le président d’audience, il n’en reste pas moins qu’il conduit sans permis depuis plus de 14 ans suite à une annulation pour des faits identiques en 2010. De plus, il se permet de minimiser lors des auditions de garde à vue en lançant aux enquêteurs : « Il n’y a pas mort d’homme. Je devais prendre ma voiture pour aller acheter à manger, car je suis père de famille », ajoutant qu’il « promet de reconduire dès qu’il sort« . Propos peu appréciés par le président qui lui rétorque : « Vous vous moquez bien des gendarmes depuis 14 ans« . Pour se justifier, il explique qu’il ne s’assure pas parce qu’il n’a pas les moyens. « Vous avez pourtant eu les moyens d’acheter votre voiture« , tance le président qui ajoute, « vous ne faites rien dans la vie à part conduire en fait« .

 

« Il est incapable de respecter la loi, c’est un danger public »

 

Pour ce qui est de repasser le permis, le prévenu explique qu’il éprouve des difficultés depuis un grave accident de moto en 1990 où il est resté 18 mois dans le coma. Là encore, le magistrat ne se laisse pas attendrir et répond : « Vous êtes parfaitement conscient de ce que vous faites », en référence aux propos tenus en garde à vue. « Il est rattrapé aujourd’hui par son passif depuis 1 an et son passé judiciaire« , fustige la procureure, justifiant la comparution immédiate. « Il n’a jamais arrêté de conduire depuis 2010. Il est parfaitement conscient de la gravité de ses agissements. Il est incapable de respecter la loi, c’est un danger public« , conclut le parquet qui requiert 2 ans de prison dont 6 mois de sursis, une interdiction de conduire tout véhicule à moteur pendant 3 ans et le maintien en détention.

« Il reconnait l’intégralité des faits, les assume et en est vraiment désolé« , répond la défense. « Il a subi un coma de 18 mois suite à un grave accident de moto. Il n’est pas en mesure de prendre conscience de la gravité des faits. C’est comme un autre enfant à charge pour sa compagne qui le gère. Il est vraiment désolé », plaide la robe noire.

Après délibération, le tribunal reconnait le prévenu coupable de l’intégralité des faits. Il est condamné à la peine de 2 ans de prison et à 100 euros d’amende pour chacune des six contraventions commises pour non-respect du Code de la route. De plus, le tribunal prononce la confiscation son véhicule et son maintien en détention.

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