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Condamné pour harcèlement il y a moins de 2 mois, il persiste et finit en prison

Ecrit par Régis Laborusse – le dimanche 16 mars 2025 à 06H32

Un jeune homme comparaissait devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de harcèlement et de menace de mort envers un conjoint en récidive. Force est de constater que son dernier passage devant ce même tribunal pour les mêmes faits il y a peine deux mois n'a pas servi à grand-chose. Le jeune homme n'accepte pas leur séparation et harcèle le jeune femme.

Bryan P., 25 ans, semble ne pas avoir pris la mesure de la peine de prison avec sursis dont il a écopé le 29 janvier dernier pour des faits de harcèlement envers son ex-compagne. Pour un premier passage à la barre, le tribunal l'avait condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire et une interdiction de contact et de paraitre au domicile de la victime. Ce fut peine perdue puisque quelques jours après sa condamnation, il reprenait contact avec la victime. Même mode opératoire : appels incessants, messages, chantage et menace de mort. N'en pouvant plus et surtout très apeurée, elle finit par appeler les gendarmes le 5 mars dernier.

"C'est sur vous que pèse l'interdiction de contact"

Elle leur explique qu'il l'a menacé de mort, "je vais te tuer et te découper au sabre", lui a-t-il dit, en plus de menacer de s'en prendre à sa voiture. Suite à une consultation, le médecin légiste établira une ITT d'un jour et relèvera "une détresse psychologique importante" chez la victime. Le mis en cause est interpellé et placé en garde à vue avant d'être déféré au tribunal pour être jugé dans le cadre d'une comparution immédiate. À la barre, il minimise les faits et explique que "c'est elle qu'il l'a appelé en premier". "C'est sur vous que pèse l'interdiction de contact, vous n'aviez pas à lui répondre", tance le président. Ne reconnaissant pas les faits, il se fend d'un "les menaces, c'était pour rigoler". Au total, le président relève neuf messages où il écrit qu'il veut la tuer.

"Elle est terrorisée et lui pense toujours qu'ils sont toujours en couple"

L'expertise psychiatrique du prévenu fait état d'une "dangerosité avérée" mais retient "une altération du discernement". Il finit tout de même par reconnaitre que l'état de stress de la victime est "peut-être sa faute". Du point de vue de la partie civile, "les réponses qu'il apporte aujourd'hui sont assez particulières. Elle est terrorisée et lui pense toujours qu'ils sont toujours en couple ! Ils ne doivent pas vivre dans le même monde". L'avocate demande une fois encore qu'il lui soit fait interdiction de contact, mais cette fois sous forme de peine pour qu'il ne puisse pas entrer en contact avec elle-même en détention. "Le chemin va être long", conclut-elle.

"Je ne sais plus quoi faire avec mon fils"

Le parquet entame ses réquisitions par une phrase du père du prévenu lors des auditions : "Je ne sais plus quoi faire avec mon fils", et de poursuivre : "La justice ne sait pas non plus quoi faire pour qu'il comprenne". La procureure rappelle que "tous les dires de la victime sont corroborés par les éléments techniques du dossier". La magistrate insiste sur le fait qu'"il sait qu'il fait quelque chose de mal, car il utilise les téléphones de ses parents et efface les traces ensuite. Il fait le choix de ne pas respecter les interdits". Elle requiert une peine de 18 mois de prison avec un mandat de dépôt, ainsi que la révocation de 3 mois du sursis précédent.

"Il n'y a pas de caractérisation des faits de harcèlement"

"Il reconnait les menaces de mort même s'il prétend qu'il plaisante", répond la défense. Jouant sa partie, la robe noire estime qu'il va "falloir démontrer qu'il y a bien eu dégradation de qualité de vie de la victime avec altération de sa santé mentale", et rappelle qu'il n'y a "seulement 1 jour d'ITT" qui lui a été donné par le médecin sans "aucune expertise psychiatrique". La défense conclue : "Il n'y a pas de caractérisation des faits de harcèlement. En revanche, vous devrez tenir compte de l'altération de mon client lors du délibéré pour la peine que vous allez prononcer".

Reconnu coupable, Bryan P. est condamné à 6 mois de prison assortis d'un mandant de dépôt. Le tribunal révoque 2 mois du sursis précédent et prononce en peine complémentaire des interdictions de contact et de paraitre au domicile de la victime pour une durée de 3 ans.

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