Condamné dans l’assassinat de Samuel Paty, il enfreint son assignation pour aller au Parc Astérix

Condamné en appel à sept ans de prison dans l’affaire de l’assassinat de Samuel Paty, Azim Epsirkhanov avait été libéré en avril dernier et assigné à résidence dans les Hauts-de-Seine dans l’attente de son expulsion. Contrôlé vendredi sur le parking du Parc Astérix, dans l’Oise, il a été condamné hier à un an de prison ferme pour avoir enfreint cette mesure.
Une sortie au Parc Astérix qui le conduit de nouveau derrière les barreaux. Azim Epsirkhanov, 25 ans, déjà condamné dans le dossier de l’assassinat de Samuel Paty, a été condamné ce lundi 31 août par le tribunal de Senlis, dans l’Oise, à un an de prison ferme pour non-respect de son assignation à résidence.
Le jeune homme avait été contrôlé vendredi vers 15h30 sur le parking du parc d’attractions situé à Plailly, dans l’Oise. Problème : il était assigné à résidence chez sa compagne dans les Hauts-de-Seine et n’était pas autorisé à quitter le département. Il devait également se présenter deux fois par jour au commissariat de son lieu de résidence.
Devant le tribunal, Azim Epsirkhanov a invoqué “une incompréhension, une mauvaise lecture de [s]a part” de la décision préfectorale. Il a assuré ne pas avoir compris que son assignation lui interdisait de sortir des Hauts-de-Seine. “Je n’ai jamais cherché à me soustraire à cette mesure”, a-t-il également déclaré à l’audience.
Huit sorties du département relevées
Le déplacement au Parc Astérix n’était cependant pas la seule entorse relevée. Selon le parquet, Azim Epsirkhanov avait quitté les Hauts-de-Seine à huit reprises, parfois “même la nuit”.
À l’audience, le ministère public s’est notamment interrogé sur les raisons de sa présence au parc d’attractions. “Ce qui nous inquiète, au regard de la personnalité du prévenu, c’est de savoir ce qu’il pouvait bien faire au parc Astérix”, a déclaré le substitut du procureur.
Son avocate, Me Figen Aydin, a de son côté regretté que le dossier ne soit pas traité comme une affaire ordinaire de non-respect d’une assignation à résidence. Le prévenu a quant à lui affirmé vouloir “reprendre une vie familiale et professionnelle”.
Le tribunal l’a finalement condamné en comparution immédiate à un an de prison ferme. Selon Le Parisien, une interdiction définitive du territoire français a également été prononcée.
Il avait fourni le couteau utilisé pour tuer Samuel Paty
Azim Epsirkhanov avait été impliqué dans le dossier de l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie tué le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine par Abdoullakh Anzorov. Il avait notamment aidé ce dernier à se procurer le couteau qui allait être utilisé lors de l'assassinat ainsi qu’un pistolet d’airsoft. Il a toujours soutenu qu’il ignorait les intentions criminelles d’Anzorov.
En première instance, en décembre 2024, Azim Epsirkhanov avait été condamné à 16 ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat terroriste. Son procès en appel, organisé au début de l’année 2026, avait cependant abouti à une importante réduction de sa peine et à une requalification des faits. En mars 2026, la cour d’assises spéciale l’avait condamné à sept ans de prison pour association de malfaiteurs.
Libéré en avril 2026, il avait ensuite été assigné à résidence dans les Hauts-de-Seine dans l’attente de son expulsion du territoire français.
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Azim Epsirkhanov conteste toutefois son obligation de quitter le territoire français devant la justice administrative. À l’audience lundi, il a notamment invoqué les risques auxquels il estime être exposé en cas de retour en Russie, affirmant qu’un tel retour serait pour lui “un aller simple pour la mort”.
Cette nouvelle condamnation le conduit donc à retourner en détention, cinq mois seulement après sa libération.


