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Condamné à deux ans ferme : Le pilote confond préliminaires et agression sexuelle

À la barre de la chambre des comparutions immédiates ce lundi, les relations intimes d'un couple ont été au cœur des débats. Laurent D. a reconnu avoir régulièrement été violent avec sa compagne jusqu'à lui casser le nez mais n'a pas compris que les agressions sexuelles qui lui étaient reprochées n'étaient pas "un jeu".
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 19 avril 2023 à 16H10

Le tribunal correctionnel a fait pendant quelques heures une thérapie de couple lors de l'audience de comparution immédiate ce lundi. Un quinquagénaire qui avait été placé en détention provisoire en attendant sa comparution n'a pas le profil des hommes que l'on voit malheureusement si souvent dans le prétoire de Champ Fleuri. Pilote d'ULM et ancien militaire, Laurent D. se voit reprocher des violences envers sa compagne, des faits qu'il reconnaît et regrette. Le prévenu évoque de l'amour, de la passion, une relation toxique dans laquelle il semble avoir perdu le sens des réalités.

Selon la plaignante, la stabilité du couple aurait vacillé au moment du confinement. Laurent D. s'était installé chez elle et n'a plus voulu partir malgré les demandes réitérées de sa conjointe. Cet état de fait a donné lieu à des disputes régulières qui se sont poursuivies bien que le couple ait finalement opté pour un logement commun. 

Pour les experts psychologues ayant examiné le mis en cause, celui-ci aurait développé "une emprise sur sa partenaire cherchant à obtenir sa soumission". Lors du dernier épisode de violences en mai 2021, Laurent D. a cassé le nez de madame en lui donnant un violent coup de poing à l'issue d'un énième désaccord "sur fond de jalousie" selon ses dires.

À la barre, les explications de l'un et de l'autre ainsi que les réponses aux questions posées par la partie civile, le tribunal ou la défense ont provoqué un réel malaise dans la salle d'audience particulièrement remplie ce lundi du fait d'un grand nombre d'affaires à juger. L'intimité, notamment sexuelle, du couple sur fond d'alcool a été jetée sur la place publique puisque le prévenu était également poursuivi pour des faits d'agression sexuelle. 

"C'étaient des gestes maladroits, comme un jeu", tente Laurent D. expliquant au tribunal que le couple avait l'habitude de se réconcilier sur l'oreiller. Des propos hors sol qui ont vraisemblablement joué en sa défaveur à l'instar des agressions sexuelles qu'il a présentées comme étant des "préliminaires".

"Des actes sexuels qui sont de la domination pour montrer qu'il était le plus fort", réagit Me Guillaume Motos pour la partie civile. "De la conjugopathie, pour la procureure de la République. "Un homme qui aime comme ça, ce n'est pas un homme qui aime", a fustigé Véronique Denizot avant de requérir 4 ans de prison dont 2 avec sursis probatoire et un maintien en détention.

Des réquisitions qui ont fait bondir Me Nicolas Samson en défense. La robe noire a plaidé la relaxe de son client concernant les pénétrations digitales reprochées. Mais le tribunal a tranché et a suivi l'avis de la représentante de la société. Laurent D. devra suivre des soins et a interdiction de contact avec la victime à sa sortie de détention. Son nom est désormais inscrit au fichier des auteurs d'infraction sexuelles. Il dort en prison.

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