[Communiqué] Saint-André manque d'eau, que font nos décideurs politiques ?

Le mouvement politique Demain se décide aujourd'hui, qui a soutenu Sylvie Moutoucomorapoulé lors de la campagne pour les élections municipales de 2020 à Saint-André, rappelle que la thématique du manque d'eau n'est pas nouvelle.
Il convient de rappeler que l’eau est un bien commun, elle est essentielle à la vie.
Pendant des décennies, on a cru que cette ressource était abondante (plus de 7,6 milliards de m3 de précipitations à la Réunion en moyenne chaque année) principalement dans le bassin Est, au point de ne guère se soucier de sa préservation.
Avec le changement climatique qui nous frappe, les périodes de sécheresse s’installent plus durablement à la Réunion et par conséquent, l’eau devient plus rare.
De la même manière, nous pouvons être confrontés à des évènements climatiques plus intenses (cyclones, sécheresse, crues).
Il nous appartient de prendre toutes les décisions pour anticiper les conséquences de ces phénomènes.
En matière d’eau, la réglementation est particulièrement prolixe.
Nombre d’études ont également été réalisées.
Nos élus ont été alertés depuis de nombreuses années, sur les enjeux de la gestion de l’eau.
Pourtant, nous assistons à un spectacle pitoyable : depuis le début de l’année, nos décideurs politiques se renvoient la responsabilité de cette situation ou se livrent à des règlements de compte complètement stériles, alors que certains quartiers de la Commune subissent des coupures d’eau toujours longues en attendant que les pluies de saison finissent par s’abattre sur nous.
L’heure est grave !
Dès 2013, la Conférence environnementale avait conclu qu’une action spécifique était requise dans les départements ultramarins pour y améliorer les infrastructures d’eau potable et d’assainissement.
Des plans d’actions ont été annoncés dès 2016, les territoires et leurs élus devant constituer les premiers acteurs de l’amélioration de la gestion de l’eau potable avec l’accompagnement de l’Etat.
Des documents de programmation qui existent ont été approuvés.
Le Département de la Réunion s’est doté d’un Office de l’Eau, un réel observatoire pour collecter les données, les analyser sans prise à partie politique et cela depuis 2006 tant les enjeux relatifs à cette ressource sont importants.
Au 1er janvier 2020, les compétences Eau et Assainissement (collectif et non collectif) ont été transférées à la CIREST pour des raisons de mutualisation du service public de l’eau potable et le placer au-dessus de tout intérêt politique.
Malgré différentes alertes et interpellations sur la gestion de l’eau, force est de constater que la situation à SAINT ANDRE en proie à des périodes de restrictions, de coupures d’eau tant pendant la saison sèche que la saison des pluies n’a pas cessé de s’aggraver.
Comment l’une des communes les plus arrosées de l’Ile, se retrouve-elle à manquer d’eau alors que tous les documents de programmation existent déjà.
Nombreux sont les Saint-Andréens à se poser cette question ?
La problématique de l’eau est dans tous les esprits et dans toutes les conversations ces dernières semaines.
Les élus tentent de justifier la cause de ces coupures par le déficit de pluviométrie couplée aux fortes températures, au réchauffement climatique, le basculement de l’eau d’Est en Ouest….
Que cela ne tienne, nous pouvions anticiper ces phénomènes ?
Rien a été fait pour éviter une telle situation et ce ne sont pas les postures politiques des uns et des autres auxquelles nous assistons aujourd’hui qui vont aider…
Certes, des mesures urgentes ont été prises : une distribution de bouteilles d’eau dans les quartiers, la mise en place de citernes d’eau, d’une unité de désalinisation de l’eau de mer…
Ce n’est malheureusement pas suffisant.
Personne n’ose s’attaquer au chantier le plus prioritaire en l’état actuel : le renouvellement des réseaux.
Depuis plusieurs années, nous savons que les réseaux d'eau sont vétustes et fuient de tout côté.
Pour preuve, d’après les chiffres de l’Office de l’Eau, le rendement des réseaux d’eau potable sur SAINT ANDRE est passé de 63 % de la production en 2020 à 58 % en 2022.
Il continue de baisser d’au moins 1 % par an.
En d’autres termes, pour 5 litres d’eau produits, plus de 2 litres sont perdus en fuites depuis les réseaux, soit 42 %.
C’est tout simplement inacceptable dans un contexte de raréfaction de la ressource.
Pourtant, l’objectif fixé est d’atteindre un rendement de 75%.
Plusieurs communes s’y sont conformées et pourquoi pas SAINT ANDRE ?
Sur la même période, le nombre d’abonnés a augmenté de près de 5%, cela occasionne un effet ciseau décuplant ainsi les effets de manque d'eau.
Nos décideurs politiques n’ont pas mesuré malheureusement l’urgence de la situation de l’eau à SAINT ANDRE et plus généralement dans l’EST.
Nous demandons pour les Saint-andréens des ACTIONS à court, moyen et long terme pour sécuriser la production et la gestion de cette ressource inestimable.
Le mouvement « Demain se décide aujourd'hui", lors des élections 2020 avait bien évidement alerté sur le sujet de l'eau et avait particulièrement insisté sur le fait que nous devons renouveler les réseaux d'eau, en vain.
Force est de constater que si les élus de l’Intercommunalité dont ceux de SAINT ANDRE s’étaient appropriés cette problématique pour en faire une priorité en termes d’investissements, nous n'aurions pas connu des restrictions d’eau d’une telle ampleur.
Les Saint-Andréens ne peuvent se satisfaire d’élus de la majorité communale qui prétendent ne pas être entendus au sein de la CIREST.
Pourtant, la Commune compte des vice-présidents qui doivent travailler pour satisfaire les besoins de leur population.
A quand sera mise en place la programmation des travaux de remplacement des réseaux d’eau potable et assainissement en priorité à Saint-André?
Pourtant des financements peuvent être mobilisés.
En outre, il existe également d’autres leviers que nous avions proposé.
Nous devons sécuriser la production en eau souterraine.
Par exemple, la production du forage de Ravine Creuse peut être augmentée.
En effet, l'arrêté préfectoral autorise de prélever 360 M3/h.
Cependant, à ce jour, il a demeuré un forage d'exploration, qui ne produit que 140 M3/h pour des raisons techniques.
Un forage supplémentaire permettrait très rapidement de l'exploiter à pleine capacité.
Celui-ci doit être réalisé par la CIREST mais pourrait être financé par le Département au titre des forages d’exploration ou bénéficier d’un financement de l’Office de l’Eau.
Il existe des possibilités de financement pour les renouvellements de réseau à travers les organes départementaux tels que l'Office de l'eau.
Les conseillers départementaux de Saint André doivent faire avancer ce projet, et ce en dépit des divergences politiques avec la majorité municipale.
Par ailleurs, avec l’augmentation de la production du forage de Ravine Creuse, relier le réservoir déjà créé de 2500 M3 au celui de Dioré permettrait d’établir une interconnexion entre les unités de distribution.
Nous devons dépasser les clivages politiques et agir sans attendre pour que SAINT ANDRE ne manque plus d’eau et surtout pour affronter les défis environnementaux à venir.
Plus largement, une réflexion multidisciplinaire doit être organisée à l’occasion d’une Conférence sur ce sujet hautement sensible pour préparer un projet à long terme au niveau de l’Intercommunalité par exemple et y associer les habitants du territoire.
Tous les sujets doivent être abordés sans exception et notamment les effets du basculement de l’eau d’Est en Ouest, le retard dans la mise en œuvre du projet MEREN, la recherche d’autres forages, l’opportunité de créer des bassins de rétention, la sensibilisation de la population à la préservation de ce bien commun...
Préserver la ressource en eau dans l’Est et à Saint André est hautement prioritaire, et participe à une politique de développement durable, pour répondre aux besoins d’une population qui augmente, pour préserver et valoriser la biodiversité aussi.
L’eau, c’est la vie.
Nous devons nous y préparer car Demain se Décide Aujourd’hui !


