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[Communiqué] « Ce sont les incitations à consommer (et jeter) toujours plus qui ont prévalu dans les décisions prises par les autorités »

L'association Zéro Déchet La Réunion réagit au sujet de l'attribution du marché de construction et exploitation de RunEva par la société PAPREC et du dépassement de 200 millions d'euros du projet.

Ecrit par N.P. – le jeudi 02 mai 2024 à 16H36

Le communiqué :

L’association Zéro Déchet La Réunion prend acte de l’attribution du projet de “valorisation des déchets Run’Eva” à Pierrefonds, confié à l’entreprise PAPREC après la liquidation de l’ancien attributaire CNIM. Cette nouvelle attribution fait bondir le coût final de ce projet de plus de 200 M€.

Petit retour en arrière. En 2022, CNIM, premier attributaire du marché public, dépose le bilan. PAPREC reprend alors les activités de ce dernier mais se désengage du projet Run’Eva en Avril 2022 : impossible de le réaliser avec le montant initialement attribué (400 M€). En Mars 2023, un nouvel appel d’offres est lancé et c’est … PAPREC lui-même qui le remporte pour 468 M€ en ce début d’année.

La maîtrise d’ouvrage, le syndicat mixte ILEVA (regroupant les intercommunalités du TO, CIVIS et CASUD), a engagé 143 M€ pour continuer les travaux en l’absence de Maîtrise d’Oeuvre. Fin des travaux, fin d’année 2026.

Avec un coût final de 600 millions d’euros incluant un coût d’exploitation fixé à 267 euros (jusqu’en 2034), le projet RUN’EVA représente une charge importante pour ILEVA et les collectivités locales. Comme dans toutes les métropoles qui se sont lancées dans ce type de projet en France, afin d’équilibrer le budget de construction et d’exploitation de Run’EVA, il est à parier que ILEVA reviendra sur sa promesse de ne pas augmenter la Taxe d’Ordure Ménagère.

L’association Zéro Déchet La Réunion ne peut que constater les conséquences des politiques économiques qui rendent aujourd’hui nécessaire de réaliser des projets coûteux dont la rentabilité n’est pas assurée, puisqu’elle dépendra du futur prix de rachat de l’électricité produite.

Il aurait été pertinent de convaincre les Réunionnais de réduire le volume de leurs déchets, mais c’est plutôt les incitations à consommer (et jeter) toujours plus qui ont prévalu dans les décisions prises par les autorités. En effet, selon les préconisations européennes, la prévention et la réduction de déchets devrait bénéficier du premier poste de dépense dans la hiérarchie de traitement.

En investissant massivement dans ce projet et en s’endettant ainsi, la Réunion sera sans aucun doute à la traîne dans le défi mondial de la transition écologique.

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