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Clim’ la porte ouverte : « Constat alarmant du gaspillage énergétique dans une rue commerçante »

La campagne STOP GASPIYAZ ENERZETIK a été lancée ce samedi matin par Greenpeace La Réunion, Extinction Rebellion 974, Attac La Réunion et Citoyen pour le Climat La Réunion pour lutter. Objectif de la première action : démontrer l'absurdité de climatiser un magasin lorsque la porte n'est pas fermée.

Ecrit par N.P – le samedi 18 février 2023 à 17H10

Le communiqué :

Climatiser en laissant les portes ouvertes ou en l’absence de porte : constat alarmant du gaspillage énergétique dans une rue commerciale typique de La Réunion.

Partout en France, laisser la porte ouverte alors que le magasin est climatisé est interdit par la loi et punit de 750€ d’amende (décret publié le 6 octobre 2022). Le contrôle du respect de cette loi relève de la compétence du maire de la commune.

En juillet 2022, Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de la transition énergétique déclare : « Climatiser un magasin en laissant les portes ouvertes c’est 20 % de consommation électrique en plus, c’est absurde ! » Peu après, elle annonce dans son plan de Sobriété Energétique, une mobilisation générale pour limiter le gaspillage énergétique afin de sortir des énergies fossiles.

Greenpeace La Réunion, Extinction Rebellion 974, Attac La Réunion et Citoyen pour le Climat La Réunion se mobilisent pour lutter contre le réchauffement climatique et pour une juste répartition de l’effort de sobriété demandé par le gouvernement.

Ce matin, 18 février 2023, nous avons choisi d’arpenter une rue très commerçante de Saint Pierre, la rue des Bons Enfants, rue commerçante typique de notre île, dans laquelle l’absurdité relevée par la ministre saute aux yeux : 90 à 95 % des commerces n’ont pas de porte et pourtant climatisent leur magasin ! Sur les 37 magasins situés entre la rue Babet et la rue François de Mahy, seuls 4 ont des portes !

A La Réunion, 40 à 50 % de la consommation électrique des entreprises du tertiaire est consacrée à la climatisation, ces mêmes entreprises représentent 30 à 40 % de la consommation électrique totale de l’île. (source ADEME). Or à La Réunion, notre électricité est fabriquée à plus de 70 % en brûlant des énergies fossiles, augmentant les émissions de GES et donc le réchauffement climatique. Plus on climatise portes ouvertes ou inexistantes, plus on consomme d’électricité, plus on produit des GES, plus les températures montent, plus on climatise, plus…

Ce matin, nous avons informé les commerçants de l’existence du décret 2022-1295 : 80 % ne connaissaient pas son existence ! Mais toutes les employés que nous avons rencontré ce matin, reconnaissent que tout comme ouvrir les vitres d’une voiture lorsque la climatisation fonctionne fait chauffer le moteur, laisser les portes ouvertes des magasins fait chauffer la planète (et la facture d’électricité) ! La mise en œuvre de cette loi mériterait d’avis général être réalisée en même temps, le froid sortant des magasins par les portes étant un des effets « marketing » les plus efficaces, sans compter les freins économiques que les commerçants ont mis en avant.

Gaspillage énergétique pour maintenir la consommation vs avenir de nos enfants, il va nous falloir choisir !

Notre choix est fait quand à nous, militants écologistes, et c’est pourquoi nous interpellons aujourd’hui les maires de toutes les villes de La Réunion (à commencer par le Maire de St Pierre) pour qu’ils mettent tout en œuvre pour que rapidement tous les commerces de La Réunion qui climatisent soient équipés de portes qui ferment même pendant les heures d’ouverture !

Nous pensons que la sobriété énergétique doit être pensée en lien avec la justice sociale avec des mesures contraignantes ciblant en priorité les consommations excessives et absurdes. Or, nous constatons que nombreux sont les maires et élus qui freinent voir refusent d’appliquer les quelques lois bénéfiques pour la préservation de notre bien commun qu’est notre planète, comme ce décret, qui relève pourtant du bon sens !

I fé 4 mwa, nou i tinn tout pou ralim zétwal, astèr nou sa sobat an plis pou arèt klimatiz nout planèt ! Lé dé ansanm i fé STOP GASPIYAZ ENERZETIK !

La campagne STOP GASPIYAZ ENERZETIK a donc été lancée aujourd’hui et se prolongera le temps nécessaire, mêlant actions d’information et actions destinées à mettre en avant l’inaction de nos élus !

Depuis 2012, les publicités et les enseignes lumineuses doivent être éteintes entre 1 h et 6 h du matin dans les grandes agglomérations. Cette loi, si elle avait été systématiquement appliquée, nous aurait permis d’économiser 200 millions € en France (dixit le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire).

En octobre 2022, le gouvernement français décide d’harmoniser cette obligation à toutes les communes et en délègue la responsabilité au Préfet à la Réunion. Malheureusement, les Préfets successifs de notre île se montrent aussi peu enclin à appliquer cette obligation que celles légiférant l’implantation de panneaux publicitaires qui fleurissent… Pourtant, entre temps, l’amende dissuasive est passée de 750 à 1500 €. Cette loi, pourtant pleine de bon sens, s’inscrit dans le plan de sobriété énergétique du gouvernement français. Elle répond à la nécessité de limiter le réchauffement climatique qui va frapper plus fortement les milieux insulaires tropicaux selon de GIEC.

C’est pour dénoncer ce manquement à la loi que le groupe local Greenpeace La Réunion, Extinction Rebellion 974, Attac La Réunion et Citoyen pour le Climat La Réunion se mobilisent aujourd’hui comme depuis 4 mois. Notre électricité à La Réunion provient à 70 % des énergies fossiles, elle est fortement émettrice de CO2.

Si notre bilan est plutôt positif pour les enseignes (80 % de celles que nous avons éteintes à St Pierre et St Paul sont éteintes dès la fermeture des magasins à présent, grand merci à tous ces commerçants qui ont compris notre message !), ce n’est absolument pas le cas des panneaux lumineux, dont la majorité restent allumés, même illégalement entre 1h et 6h du matin.

Nous demandons donc au Préfet, Monsieur Filippini, et aux Maires de toutes les communes d’ appliquer et de faire appliquer à La Réunion la réglementation existante , et nous demandons plus encore : les enseignes éteintes dès la fermeture des magasins et panneaux publicitaires dès 21h et pour toute la nuit .

Pourquoi ?

Tout d’abord, à cause de l’effet délétère de cette pollution lumineuse sur les animaux, effet documenté scientifiquement depuis longtemps. Les pétrels en sont devenu un symbole à la Réunion. Mais de nombreuses autres espèces sont déjà durement touchés oiseaux, chiroptères, insectes… ils s’éteignent dans l’indifférence générale. La pollution lumineuse contribue à l’effondrement silencieux des populations animales (bétonisation et agriculture conventionnelles et leur lot d’intrants chimiques sont les co-auteurs).

Ensuite, parce que nous réclamons une juste répartition de l’effort de sobriété. Les récentes dispositions prises par le gouvernement pour réguler les publicités et enseignes lumineuses (qui ne sont même pas appliquées à La Réunion) sont largement insuffisantes et incohérentes avec le discours gouvernemental appelant à “une mobilisation générale” en faveur de la sobriété énergétique.

Parce que nous pensons que la sobriété énergétique doit être pensée en lien avec la justice sociale avec des mesures contraignantes ciblant en priorité les consommations excessives, l’extinction de ces panneaux et enseignes qui incitent à toujours plus de consommation, est pour nous une mesure simple et juste à mettre en place.

Parce que ces panneaux et ces enseignes s’allument à l’heure où les gens rentrent chez eux, et viennent se surajouter au pic de consommation d’électricité de début de soirée. Ainsi se justifient la construction largement subventionnée, d’unités de production électriques monstrueuses basées sur la combustion d’énergies fossiles directement ou indirectement, enrichissant quelques actionnaires américains de plus.

TINN TOUT POU RALIM ZETWAL ! Zordi 1/3 zabitan la tèr i gany pi war la Voie Lactée ! Aswar, nou sa tinn tout Sin Dni, Sin Pir, Tampon, Sin Lé ! Vyin sanm nou !

Auteur : groupe local Greenpeace La Réunion

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