CIREST : les élus de l’Est mobilisés contre les baisses de dotations de l'État

Les élus de la CIREST se sont réunis en conseil communautaire ce lundi 4 novembre pour examiner divers dossiers, mais l'ordre du jour a débuté par une motion de protestation contre le Projet de loi de finances 2025. Ce dernier impose aux collectivités locales une réduction budgétaire de 5 milliards d’euros, une mesure perçue par les élus comme une menace pour les services publics locaux essentiels.
Les élus communautaires dénoncent vivement cette coupe budgétaire, soulignant que si les collectivités d'Outre-mer sont prêtes à soutenir les efforts financiers nationaux, elles ne devraient pas être pénalisées pour le déficit et l’endettement de l’État. Selon eux, cette réforme fragilise plusieurs secteurs cruciaux comme l'accès à l'eau, les projets de rénovation énergétique, les transports, la culture, la formation et l’emploi. La réduction des dotations (DCRTP et DGF), les ponctions sur les recettes fiscales locales, et la baisse de compensation de la TVA s’ajoutent à des charges accrues, comme l’augmentation des cotisations de la CNRACL.
Daniel Gonthier a exprimé sa frustration : "Ce plan de réduction du déficit est la pire chose qui pouvait nous arriver". Joé Bédier, maire de Saint-André, a ajouté qu'il n’accepte pas que "l’État pointe du doigt les collectivités territoriales", rappelant que celles-ci, notamment en Outre-mer, ont longtemps joué un rôle d'amortisseur social.
Malgré la faible chance de renverser la décision, le président de la CIREST, Patrice Selly, estime cette motion "utile" car elle permet d'engager le dialogue avec le gouvernement. "Nous avons encore du temps et l’opportunité de discuter avec le gouvernement", a-t-il souligné.
Saint-André déplore un manque de soutien sur la question de l'eau
Après l'adoption de la motion, les élus ont abordé plusieurs dossiers communautaires. Parmi eux, la régularisation des captages d’alimentation en eau potable et la mobilisation de nouvelles ressources pour pallier les épisodes d’étiage sévères. Des études sont en cours pour régulariser les infrastructures d'eau à la Plaine-des-Palmistes, Sainte-Rose, et Salazie.
Cependant, le maire de Saint-André, Joé Bédier, s'est dit "étonné" de l’absence de sa commune dans les projets d'étude malgré les épisodes de sécheresse qu’elle subit. En réponse, les services de la CIREST ont précisé qu'un site à Citronnier a été identifié pour une possible interconnexion avec l’unité de potabilisation de Dioré, et que les ressources de Saint-Benoît seront partagées avec Bras-Panon et Saint-André via le Bras des Plaines.
Les conseillers départementaux Bruno Robert et Jean-Marie Virapoullé ont également pris la parole. Bruno Robert a rappelé que six nouveaux forages d’exploration sont en cours dans le cadre du Programme Départemental Opérationnel pour l’accès à l’eau dans les Hauts (PRODEO), répartis entre Saint-Benoît, Bras-Panon et la Plaine-des-Palmistes. Jean-Marie Virapoullé a, quant à lui, souligné les efforts du Département pour mobiliser les ressources en eau dans l’Est et le Nord avec le projet MEREN, critiquant toutefois les travaux de la municipalité de Saint-André, qu’il considère insuffisants pour améliorer les réseaux d'eau potable.


