Chronique judiciaire : Abus de confiance en famille et livraison de drogue trop tardive

La date de la livraison de drogues au cœur des débats
Pour la première affaire du jour, les magistrats devaient juger un homme qui a reçu un colis venant d'Espagne avec 20g de cannabis à l'intérieur en novembre 2021, intercepté par la douane. Les agents vont constater que le bénéficiaire du colis venait juste d'être condamné par le tribunal de Saint-Pierre pour une affaire de trafic de stupéfiants.
Le problème légal dans cette affaire concerne la date de réception du colis, ou plutôt la date de la commande. En effet, le prévenu, absent de l'audience, avait affirmé que ce colis faisait partie de la commande qu'il avait déjà effectuée et pour laquelle il avait déjà été condamné, mais qu'il était arrivé plus tard.
Finalement, le tribunal le reconnaît coupable et le condamne à 2000 euros d'amende avec sursis et 2000 euros d'amende douanière. En outre, le tribunal ordonne la confusion de cette nouvelle condamnation avec celle de 2021.
Le couple a-t-il abusé de la confiance de sa mère ?
Pour la deuxième affaire, un couple se présentait devant le tribunal pour abus de confiance sur la mère du prévenu. Il leur est reproché d'avoir détourné environ 42.000 euros entre janvier 2010 et décembre 2020, date à laquelle la gramoune a porté plainte. Celle-ci est décédée depuis.
Durant cette période, le couple avait la tutelle de la mère qui leur versait 500 euros par mois afin de les placer sur son livret A. C'est en découvrant qu'il n'y avait que 55 euros sur son compte qu'elle s'est décidée à porter plainte.
Face aux juges, le fils a affirmé que cet argent n'était pas destiné à aller sur le livret A, mais bien à s'occuper des affaires courantes, notamment des frais médicaux non remboursés. Ils affirment avoir dépensé leur propre argent à certains moments pour elle. Ils expliquent qu'ils ne comprennent pas les raisons de la plainte et que la gramoune avait changé après des vacances, s'enfermant chez elle.
Le procureur confirme qu'il y a une négligence coupable, qui a été reconnue, mais que l'enquête est mal ficelée et ne prouve pas la malveillance. Il demande la relaxe, notamment en raison de la prescription d'une grande partie des faits. De son côté, Me Séverine Ferrante va démontrer que les dépenses de la plaignante sont restées les mêmes après que la tutelle a été retirée aux prévenus, démontrant que les dépenses étaient effectuées en sa faveur. Le tribunal les relaxe.
Condamné pour possession d'un fusil
Un Saint-Pierrois de 23 ans a été convoqué pour possession d'arme illégale. En décembre dernier, un homme a déposé plainte, accusant son cousin de lui avoir volé 350 euros et que sa grand-mère lui avait conseillé de partir vite, car il avait un fusil. Arrivés sur place, les policiers voient l'individu s'enfuir avec quelque chose dans les mains. Ils parviennent à l'intercepter et retrouvent le fusil qu'il avait jeté dans sa fuite.
Face aux juges, le prévenu a déclaré qu'il avait acquis l'arme parce que des personnes le menaçaient de le séquestrer. Pour le président du tribunal, cette affaire est probablement liée à des affaires de stupéfiants pour lesquelles il a déjà été condamné.
De son côté, Me Lucie Kerachni ne va pas nier les faits, mais va mettre en avant que son client a réussi à se sortir de la situation de grande précarité où il était en obtenant un emploi. Il est finalement condamné à 300 euros d'amende et à une interdiction de détenir une arme pendant trois ans.


