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“Ce n’est pas à mon âge que je vais commencer une carrière de dictateur” : Laurent Virapoullé pour la "réconciliation" des Saint-Andréens

Ecrit par P.M. – le jeudi 19 mars 2026 à 20H50
Photo d'archives.

À trois jours du second tour, Laurent Virapoullé a tenu une conférence de presse ce jeudi 19 mars à son domicile pour répondre aux "calomnies" de son adversaire Joé Bédier et rappeler les grandes lignes de son projet. S'il est soutenu par le RN, sa liste est "sans étiquette", assure-t-il, appelant à un “vote utile” et à la "réconciliation des Saint-Andréens". 

C'est de nouveau chez le candidat que la presse était conviée ce jeudi 19 mars. Mais cette fois pas pour un meeting organisé dans la cour mais pour une conférence tenue seul par le candidat tête de liste arrivé en deuxième position dimanche 15 mars à Saint-André avec 21,71% des suffrages. 

En ouverture, Laurent Virapoullé s’est livré à une analyse des résultats du premier tour et notamment d'un taux de participation de 52 %, "en légère hausse par rapport au précédent scrutin et à chaque fois que les électeurs votent davantage, c’est une bonne nouvelle pour la démocratie”, souligne-t-il .

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Il qualifie le score de Joé Bédier de “historiquement bas”. “Le maire sortant n’obtient que trois électeurs sur dix. Cela signifie que sept électeurs sur dix ont voté pour le changement”, avance-t-il.

Arrivé en deuxième position, c'était à lui de "mener le rassemblement", qui s'est conclu par une union avec Jean-Marie Virapoullé.

“Nous avons entrepris des échanges pour rassembler celles et ceux qui souhaitent le changement. Cette fusion est un acte de responsabilité”, explique-t-il .

Un appel à la “réconciliation” et au "vote utile"

Laurent Virapoullé a ensuite placé sa campagne sous le signe de la "réconciliation".

“J’utilise ce mot de réconciliation comme l’avait fait Éric Fruteau en 2008”, indique-t-il. “Saint-André a trop souffert des divisions. Il est temps de tourner la page des rancunes inutiles”, ajoute-t-il .

Pour lui, cette démarche doit dépasser les clivages : “Elle doit concerner tous les Saint-Andréens, quelles que soient leurs sensibilités et étiquettes politiques, il faut mettre fin aux rancunes inutiles qui ont pénalisé Saint-André.”

Il appelle également à un vote "utile"  : "Le but n'est pas seulement de battre Joé Bédier qui est en difficulté, notre majorité doit aussi être la plus forte possible demain à la Cirest".

“Ma liste n’est pas une liste RN”

Face à l'appel de Joé Bédier et d'autres candidats à faire barrage au RN ce dimanche, Laurent Virapoullé dénonce des “mensonges” et des “calomnies”.

“Ma liste n’est pas une liste investie par le Rassemblement national. C’est une liste sans étiquette depuis le début, et elle le reste après la fusion”, affirme-t-il.

Il reconnaît un soutien du RN, qu’il explique par des convergences sur "certaines priorités comme le retour à l'ordre", ajoutant qu’il refuse de “mépriser la voix de milliers d’électeurs”.

Il juge d'ailleurs avoir été "précurseur", citant le soutien apporté au parti à la flamme depuis à Thierry Robert ou au "très centriste" Cyrille Melchior, via le soutien de Jean-Yves Morel. 

"Je ne fermerai ni les mosquées, ni les églises, ni les temples"

“Je ne suis pas encarté au Rassemblement national”, précise-t-il, mais au parti Trait d'union de Michel Vergoz, dont il est le vice-président. 

Le pouvoir d'achat et la réforme de l'octroi de mer sont deux autres volets qu'il partage en commun avec le RN, explique-t-il.

Il évoque un "épouvantail de fortune" du maire sortant qu'il juge dans une mauvaise posture en vue du second tour, assurant qu’il ne remettra en cause "aucune liberté" ou coutumes locales : “Je ne fermerai ni les églises, ni les mosquées, ni les temples, je n'interdira pas les batays cosq et je ne remettrai pas le boeuf ou le porc à la cantine sans menus de substitution”, précise-t-il, répondant à Joé Bédier. 

Il cite le Général de Gaulle : “Ce n’est pas à mon âge que je vais commencer une carrière de dictateur”

"Aucun agent ne sera mis au placard"

Sur le fond, Laurent Virapoullé met en avant un changement de méthode. Il promet un maire “proche de la population”, avec des permanences deux fois par semaine sans rendez-vous et la mise en place de conseils de quartier dans les dix quartiers de la ville "qui seront chargés de conseiller les élus". 

"J'enlèverai la porte vitrée qui se trouve en bas de l'escalier qui mène au bureau du maire, il n'y aura plus de barrière avec la population", promet-il. 

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Il annonce également une réorganisation du fonctionnement communal, en particulier sur les ressources humaines. Il prévoit de revoir l’organigramme, de redéfinir les fiches de poste et de "renforcer le dialogue social" avec les agents.

Le candidat réaffirme qu'il supprimera les badgeuses, qu’il considère comme un "symbole de défiance envers les employés". Il affirme qu’aucun agent ne sera "mis à la porte", ni “mis au placard”.

Pas de voiture de fonction à la mairie

Sur le plan financier, Laurent Virapoullé met en avant une stratégie d’économies, sans augmenter les impôts. Il prévoit notamment : le non-remplacement systématique des départs à la retraite, une réduction des dépenses de fonctionnement, comme la suppression du journal communal papier ou la suppression d'une voiture de fonction pour le maire. Une mesure "symbolique, s'il faut se serrer la ceinture, tout le monde doit le faire".

Des mesures qui doivent permettre, selon lui, de dégager un million d'euros par an sur les frais généraux et jusqu'à 10 millions d'euros sur le mandat par le non remplacement systématique des départs à la retraite. 

Il veut faire passer le curseur de la masse salariale de 75 à 60% et assure que ces économies serviront à la fois à revaloriser les agents municipaux les plus précaires, et des mesures comme le retour d'un comité des oeuvres sociales. 

Une prime de 600 euros pour des étudiants

La sécurité constitue un axe majeur de son programme. Laurent Virapoullé prévoit d’augmenter significativement les effectifs de la police municipale, pour passer de 15 à 40 agents. Il veut renforcer le réseau de vidéosurveillance et créer un centre de sécurité à Fayard.

Sur l'éducation, il rappelle vouloir réhabiliter les écoles, mettre plus de produits locaux dans les assiettes de la cantine et réitère entre autres son projet de soutien scolaire depuis l'école jusqu'au lycée en faisant appel à des étudiants qui seront rémunérés 600 euros.

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Il veut aussi construire des "maisons des étudiants de Saint-André", à Saint-Denis et au Tampon pour les héberger. 

Il veut renforcer de deux millions d'euros le budget dédié à la sécurité et d'un million d'euros celui des associations. 

À quelques jours du second tour, le candidat veut "ouvrir une nouvelle page pour la ville : une page de rassemblement, de proximité et d’action pour les Saint-Andréens."

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