Carburants : les transporteurs rassurés après une réunion en préfecture, la menace de grève s’éloigne

Réunis ce lundi en préfecture après l’annonce d’une hausse des carburants au 1er avril, les transporteurs routiers se sentent désormais rassurés. La question de l’indexation gazole, au cœur des tensions ces derniers jours, a fait l’objet d’engagements fermes de l’État.
La pression retombe d’un cran dans le secteur du transport routier à La Réunion. Alors que la perspective d’une hausse des carburants au 1er avril avait ravivé les tensions, allant jusqu’à faire émerger la menace d’un mouvement de grève, la réunion organisée ce jour en préfecture semble avoir apaisé les inquiétudes.
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Président de la FNTR, Jean-Gaël Rivière évoque un cadre désormais clarifié, notamment autour du mécanisme d’indexation gazole, considérée comme un levier essentiel pour absorber les hausses de coûts. « Le secteur du transport est aujourd’hui protégé par l’indexation gazole, avec plusieurs engagements pris autour d’un CNR local », explique-t-il.
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Mis en place à l’issue de travaux menés avec la CCIR, ce dispositif s’inspire du modèle du Comité national routier (CNR), référence en matière de suivi des coûts d’exploitation du transport de marchandises. Adapté au contexte réunionnais, il permet aux transporteurs de répercuter les hausses du carburant via une surcharge facturée à leurs clients.
« Le préfet s’est engagé personnellement à ce que l’indexation gazole soit répercutée »
Un point central, alors que la non-application de cette règle par certains donneurs d’ordre cristallisait les tensions. La charte de bonnes pratiques, signée en 2025 par de nombreux acteurs économiques — notamment dans le BTP, les collectivités et les chambres consulaires — encadre pourtant cette obligation.
Selon Jean-Gaël Rivière, l’État s’est engagé à faire respecter ce cadre. « Le préfet s’est engagé personnellement à ce que l’indexation gazole liée au CNR local soit répercutée par les transporteurs à leurs clients », souligne-t-il. Et en cas de blocage, les transporteurs entendent désormais s’appuyer sur les services de l’État : « Si ce n’est pas appliqué, on se tourne vers la DEETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) pour faire respecter ces engagements ».
Autre point acté lors des échanges : l’actualisation des références économiques. Les taux du CNR local ont été révisés pour 2026, mettant fin à certaines pratiques consistant à s’appuyer sur des bases devenues obsolètes. « Il n’est plus question que certains clients utilisent encore les références de 2021 », insiste le président de la FNTR.
Dans ce contexte, le spectre d’un blocage du secteur semble s’éloigner, au moins à court terme. Reste désormais à vérifier, sur le terrain, la bonne application de ces engagements, alors que la hausse des prix à la pompe dès le 1er avril devrait mécaniquement peser sur l’ensemble de la chaîne économique.


