Carburants : Lecornu exige que les prix redescendent aussi vite qu’ils ont augmenté

Face à la flambée des carburants liée aux tensions au Moyen-Orient, le Premier ministre Sébastien Lecornu demande au gouvernement de formuler rapidement des mesures pour protéger les consommateurs. Il évoque notamment un possible plafonnement des marges et insiste pour que les baisses des cours soient répercutées aussi rapidement que les hausses.
La question des carburants s’invite au sommet de l’exécutif. Réuni mercredi 11 mars à l’Élysée, le Conseil des ministres a longuement abordé la hausse récente des prix à la pompe, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui alimentent la volatilité des marchés pétroliers.
Selon l’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu, celui-ci a demandé à ses ministres de lui soumettre rapidement des propositions afin de limiter l’impact de ces fluctuations sur le pouvoir d’achat des Français. Plusieurs pistes sont étudiées, parmi lesquelles un éventuel plafonnement des marges ou la mise en place de mécanismes permettant d’amortir les variations trop brutales des prix.
Le chef du gouvernement a également tenu à rappeler un principe qu’il juge essentiel dans le fonctionnement du marché : « Si les prix sont montés vite car ils ont été très vite répercutés, ils doivent donc redescendre aussi vite. Personne ne comprendrait que les hausses soient répercutées plus vite que les baisses. »
La France insoumise plaide pour un gel des prix des carburants
Le message a été repris par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, lors du compte rendu du Conseil des ministres. Selon elle, les éventuelles baisses observées sur les marchés pétroliers doivent être rapidement visibles dans les stations-service. Le ministre du Commerce, Serge Papin, a de son côté indiqué que l’État poursuivait ses contrôles sur le terrain : sur 513 stations-service inspectées, environ 5 % ont fait l’objet de sanctions.
Le débat politique reste toutefois vif. Plusieurs formations d’opposition réclament des mesures plus radicales. La France insoumise plaide pour un gel des prix des carburants. Le Parti socialiste, par la voix de son premier secrétaire Olivier Faure, propose la mise en place d’un chèque énergie destiné aux ménages les plus fragiles. Les écologistes, emmenés par Marine Tondelier, défendent quant à eux des aides ciblées pour les foyers modestes et les habitants des zones rurales.
Le gouvernement se montre en revanche réservé sur certaines propositions, notamment une baisse de la TVA sur les carburants, défendue par le Rassemblement national. Sébastien Lecornu estime qu’une telle mesure serait inefficace, citant l’exemple de la Pologne qui avait tenté cette option en 2022 après le déclenchement de la guerre en Ukraine sans parvenir à contenir durablement les prix.
À quelques jours du premier tour des élections municipales, le dossier reste particulièrement sensible. L’exécutif assure toutefois se tenir prêt à adapter ses dispositifs si la crise énergétique devait s’inscrire dans la durée. Dans l’après-midi, le Premier ministre devait également recevoir les représentants des partis politiques afin de les informer de l’évolution de la situation internationale et de ses possibles répercussions économiques.
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