Carburants : le député Perceval Gaillard demande de faire contribuer les pétroliers réunionnais aux hausses à venir

Face à la perspective d’une nouvelle hausse des carburants à La Réunion, le député Perceval Gaillard interpelle le gouvernement. Dans un courrier adressé au ministre de l’Économie Roland Lescure, il demande que les profits réalisés localement par les sociétés pétrolières soient intégrés dans la formule de calcul du prix à la pompe.
Alors que les tensions internationales font craindre une nouvelle hausse des carburants dans les prochaines semaines, le député réunionnais Perceval Gaillard appelle l’État à revoir les règles de formation des prix à La Réunion. Dans un courrier adressé ce jour au ministre de l’Économie Roland Lescure, l’élu demande que les profits réalisés localement par les sociétés pétrolières soient pris en compte dans le calcul du prix mensuel à la pompe.
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À La Réunion, les tarifs des carburants sont encadrés par l’arrêté du 5 février 2014 pris en application du décret du 27 décembre 2013. Ce dispositif fixe chaque mois les prix maximums de vente en intégrant plusieurs paramètres : coûts d’approvisionnement, transport, stockage, marges des importateurs et distributeurs, ainsi que la fiscalité.
Pour Perceval Gaillard, ce cadre réglementaire ne tient toutefois pas suffisamment compte de la rentabilité du secteur pétrolier local. Dans sa lettre, il estime que les multinationales du pétrole doivent « participer à l’effort collectif afin que ça ne soit pas uniquement les Réunionnais et les Réunionnaises qui payent l’addition ».
Le député s’appuie notamment sur les résultats financiers du secteur. L’activité de stockage, exercée en monopole par la Société réunionnaise de produits pétroliers (SRPP), a ainsi dégagé 4,8 millions d’euros de résultat net en 2024. Du côté des importateurs-grossistes, le chiffre d’affaires dépasse le milliard d’euros pour un bénéfice net cumulé de 30,4 millions d’euros. Des profits en hausse de 11 % sur un an, après être passés de 27 à plus de 30 millions d’euros.
L’élu souligne également que le taux de rémunération atteint environ 9 %, un niveau qu’il juge nettement supérieur à celui observé dans de nombreux secteurs économiques, notamment parmi les PME et ETI de l’Hexagone où la rentabilité se situe plutôt entre 3 et 5 %.
Selon lui, ces bénéfices ne sont aujourd’hui pas intégrés dans la formule qui sert à déterminer chaque mois le prix des carburants dans l’île. « Les multinationales du pétrole doivent participer à l’effort collectif afin que ça ne soit pas uniquement les Réunionnais et les Réunionnaises qui payent l’addition », insiste-t-il.
Perceval Gaillard avait déjà soulevé cette question lors d’une intervention au gouvernement en mars 2024. Il renouvelle aujourd’hui sa demande : intégrer les profits réalisés localement par les acteurs du secteur pétrolier — notamment dans l’importation et le stockage — dans le mécanisme de fixation des prix.
Pour le député, une telle évolution permettrait « mécaniquement » d’alléger la pression sur le prix à la pompe, alors que les consommateurs réunionnais restent particulièrement exposés aux variations des cours internationaux. « Ce n’est pas aux Réunionnais et Réunionnaises de payer pour une guerre qu’ils n’ont pas choisie et pour des multinationales qui font des profits sur le dos des consommatrices et des consommateurs », conclut-il dans son courrier adressé au ministre.



