Carburants : la Région appelle l’État et les pétroliers à des "mesures exceptionnelles"

Face à la hausse annoncée des prix au 1er avril, la Région Réunion hausse le ton. Elle pointe la responsabilité du marché mondial, demande plus de transparence et appelle à un effort partagé pour limiter l’impact sur les ménages et l’économie.
La hausse des prix des carburants prévue au 1er avril suscite une vive inquiétude à La Réunion, que la collectivité régionale ne cherche pas à minimiser. Dans un communiqué publié à l’issue de la commission permanente ce jeudi 26 mars, elle indique avoir pris connaissance des annonces du préfet et alerte sur les conséquences à venir pour l’ensemble du territoire. « La Réunion subit, comme la France hexagonale et l’ensemble des pays de la planète, les répercussions de la guerre déclenchée […] au Moyen-Orient », rappelle-t-elle, en soulignant la vulnérabilité particulière d’un territoire insulaire face aux fluctuations du marché mondial de l’énergie.
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Au-delà du constat, la Région insiste sur les effets en chaîne attendus. « Cette hausse du coût des carburants […] va affecter la population et l’ensemble de l’économie, du fait, également, d’une augmentation prévisible du coût du fret ». Une pression supplémentaire alors que les collectivités elles-mêmes devront absorber l’augmentation de leurs charges, notamment pour assurer les services publics et leurs investissements.
Sur le volet fiscal, la collectivité tient à désamorcer toute polémique. Elle rappelle que la taxe spéciale sur la consommation de carburants (TSCC) n’a pas évolué depuis plus de vingt ans et qu’elle est inférieure à celle pratiquée dans l’Hexagone. Surtout, elle insiste : « la fiscalité sur les carburants […] n’est en rien responsable de l’augmentation du prix des carburants », écartant ainsi toute idée d’un levier immédiat du côté des taxes locales.
« Face à une crise conjoncturelle majeure […], l’État ne peut rester immobile »
En revanche, la Région cible clairement d’autres acteurs. Elle appelle à un effort du secteur pétrolier, estimant que « les profits mirobolants leurs confèrent des marges de manœuvre », et demande un lissage de la hausse pour en atténuer les effets sur les consommateurs. Elle s’interroge également sur le calendrier de répercussion des hausses et sur la gestion des stocks stratégiques, appelant à une transparence totale « depuis le prix d’achat à Singapour, jusqu’à l’arrivée et la sortie des carburants des cuves de la SRPP ».
Dans ce contexte, la collectivité en appelle aussi à l’État. « Face à une crise conjoncturelle majeure […], l’État ne peut rester immobile », écrit-elle, plaidant pour la mise en place de moyens exceptionnels afin de préserver le pouvoir d’achat. Elle souhaite notamment la réactivation de dispositifs de soutien aux collectivités et l’organisation de réunions avec les acteurs pétroliers et économiques pour évaluer les impacts et envisager des réponses adaptées.
Enfin, la Région met en avant ses propres efforts, notamment sur le gaz, dont le prix est plafonné à 18 euros grâce à une intervention budgétaire de 12,5 millions d’euros depuis 2022. Mais elle prévient que cet équilibre pourrait être fragilisé par les hausses à venir.
En filigrane, c’est une crise plus large qui se dessine. « Notre île doit se préparer à affronter cette crise », conclut la collectivité, appelant à renforcer l’autonomie énergétique et la sécurité alimentaire dans un contexte international jugé durablement instable.


