CAPEB : La situation économique est toujours alarmante !
Aucune image à la une trouvée pour cet article.
Nous ne voyons pas les travaux sortir!
Beaucoup de petites entreprises sont aujourd’hui en redressement judiciaire. En cette fin d’année 2010, nous craignons encore le pire pour l’avenir des TPE/PME.
Les réunions du HCCP, (haut conseil de la commande publique) ont mis en relief, l’inertie des pouvoirs publics, incapable de faire redémarrer les commandes.
"Réunion après réunion nous ne voyons pas le bout du tunnel. Il est regrettable qu’il ait fallu une manifestation pour que les responsables politiques prennent conscience de la gravité de la situation dans le secteur du BTP. Les collectivités n’assument pas leur responsabilité vis-à-vis du monde économique". Franck Legros
En effet, le recensement de la commande publique des collectivités Réunionnaises en 2010 montre qu’au 31 août 2010, les objectifs et prévisions d’opérations d’investissements sont loin d’être atteints. Les financements sont bien là, mais les travaux n’ont pas démarré.
La CIREST compte 10 opérations pour 13.4 M. €, soit 10% d’OS au 31 août 2010. La commune de Saint-Marie compte un total de 6 opérations pour 10.2 M. €, soit 33 % d’OS au 31 août 2010 ; Sainte Suzanne est à 0% (6.8 M.€ ; total de 11 opérations), la Possession est à 6% d’OS (11.8M.€ ; total de 13 opérations), Saint-Paul est à 14% d’OS (96M.€, total de 43 operations.
Ainsi, le 28 octobre 2010, à la dernière réunion du HCCP, on nous annonce :
-Le déblocage par les services de Bercy de 9 dossiers de logements sociaux pour un total de 400 logements et 31 millions d’euros d’investissements. Ces chantiers devraient démarrer à la fin de l’année ou début 2011, le temps pour les bailleurs sociaux de rédiger les ordres de services.
Il manque à obtenir les agréments fiscaux pour 7 dossiers présentés en 2009 et pour 16 dossiers présentés cette année.
-Alors que 1.2 milliard d’euros de commandes publiques étaient prévus en 2010 seuls 36% à la date du 31 août avaient été engagés, cette proportion est de 46% au 22 octobre.
Il ne reste pas moins de 600 millions d’euros de travaux à lancer.
Lorsque Margie Sudre Présidente du HCCP affirme "c’est mieux que rien. Il y a eu un coup d’accélérateur qui nous a permis de rattrapper une partie du retard", nous lui répondons : NON, ce n’est pas assez !! Face à cette catastrophe économique que nous vivons, cette augmentation de 10 points ne peut suffire à nous satisfaire, lorsque les entreprises sont en train de « crever », et alors que nous avons près de 10 000 emplois perdus !
"On nous prend pour des imbéciles !"
Après la supression de la taxe professionnelle vient la CET.
En supprimant la taxe professionnelle, on nous enlève une épine du pied, pour nous planter un couteau dans le dos.
La CET remplaçante de la taxe professionnelle se révèle être, une charge bien plus lourde pour les petites entreprises. En conséquence, en raison du mode de calcul basé sur les investissements, les artisans qui ont peu d’investissements se retrouvent à payer une taxe importante.
D’autre part, les services fiscaux ont omis de prendre en compte l’abattement de 50% pour les entreprises en ZFA, ces dernières sont actuellement dans l’obligation de faire un courrier pour demander cet abbattement, alors que cela aurait due être automatique.
En effet, obliger les entreprises à faire la demande, va avoir pour conséquence de diminuer le nombre de bénéficiaire car, toutes les petites entreprises n’ont peut être pas eu l’information.
De plus, cela ne fait qu’ajouter des tracasseries administratives aux artisans, ce qui représente la perte d’un temps précieux avec de l’administratif qui aurait pu être évité, quand ceux-ci sont en train de se battre et tentent chaque jour de trouver des solutions pour préserver leur activité, ainsi que de nombreux emplois.
Les artisans sont "au four, au moulin, et ils plantent même le blé…", pendant que certains dans leur bureau regarde "couler la rivière"…
Il s’agit d’un vrai coup de massue pour les chefs d’entreprises en cette fin d’année difficile où l’on a déjà du mal à joindre les deux bouts.
Et le protocole novelli 4, juste un effet d’annonce ?
Preuve encore que les petites entreprises sont abandonnées, on nous a annoncé au début du mois d’octobre la reconduction du protocole Novelli jusqu’au 31 décembre 2010. Dans ces nouvelles dispositions ce protocole revu prévoit notamment la possibilité pour les entreprises de bénéficier d’un étalement de la part salariale.
Cette mesure tant attendue n’est pourtant toujours pas applicable au 1er décembre 2010.
La préfecture dit attendre les modalités d’application qui doivent venir du ministère en charge du dossier.
Où sont-elles ?
Lors d’une réunion du HCCP, c’est bien M. le Préfet, qui s’était empressé d’annoncer cette reconduction du Protocole Novelli, qui dans les faits, se révèle être inopérationnel jusqu’à ce jour.
Petit rappel : pour bénéficier d’un plan d’apurement auprès des organismes sociaux il faut d’une part payer la part salariale (qui réprésente 2/3 de la cotisation totale), pour d’autre part, bénéficier d’un étalement de la part patronale (qui représente 1/3 de la cotisation totale).
Donc, les demandes jusqu’à aujourd’hui étaient peu nombreuses puisque les entreprises concernées n’était pas mesure de payer cette part salariale.
Mais les jours passent, et l’on ne voit toujours rien venir.
Ce nouveau protocole NOVELLI 4 pourrait sauver plus d’une entreprise ! Qu’attend-on ? Peut-être une autre manifestation…
Une ministre qui nous méprise…
Enfin, la CAPEB déplore le mépris dont fait preuve, notre Ministre, Mme Marie-Luce Penchard, à l’égard des petites entreprises. En effet, lors de sa rapide visite dans l’île Madame Penchard, a rencontré "le Monde Economique". Si les seules "Majors" représentent le monde économique, alors effectivement, Mme Penchard a bien rencontré le Monde Economique.
Mais alors que fait-on des 13 000 entreprises artisanales et des 28 000 salariés (chiffres de 2008) qu’elles embauchent ? Ne font-elles pas elle aussi, marcher l’économie Réunionnaise.
L’artisanat n’est-il pas, la 1ère entreprise de France du Bâtiment ?
Aucun représentant des petites entreprises n’a été reçu par Mme Penchard et nous la remercions pour ce peu d’égard !
(D’autres collègues syndicalistes on par ailleurs dénoncé cette attitude).
Force est de constater que Mme la ministre nous promène avec des discours insipides sur la tnt, et des faux-semblants d’actions, avec la nomination d’un commissaire au développement endogènes ! Rien de concret, ni d’efficient ne ressort de cette visite. Si Mme Penchard daignait recevoir les responsables syndicales, elle saurait de quoi la Réunion a vraiment besoin aujourd’hui.
La CAPEB en a assez de se faire ballader !
Les artisans ne comptent pas se laisser piétiner de la sorte par la machine administrative, la CAPEB mettra tout en œuvre pour faire entendre la voix des artisans.


