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Cambriolée deux fois en quelques jours, la victime déjà grièvement malade ne survit pas

Ecrit par P.B. – le samedi 26 avril 2025 à 08H00
Image Pixabay

Malade d'un cancer en stade terminal, la victime, âgée de 79 ans, s'était interposée quand le cambrioleur est venu pour la cambrioler, la deuxième fois en quelques jours.

Les premiers faits se sont déroulés le 29 avril 2023. L'individu qui s'est introduit chez Marie* lui vole deux cartes bancaires. Deux jours plus tard, l'homme revient alors qu'elle se trouve à son domicile, dans sa maison en bord de mer de Trois-Bassins, en train de regarder la télé.

Le cambrioleur entre par la baie vitrée et se dirige tout droit vers la chambre dans laquelle se trouve le coffre-fort qui contient de la morphine. L'octogénaire est en effet atteinte d'un cancer en phase terminale. C'est en tentant de se dresser sur le chemin du malfrat que Marie, en fauteuil roulant, chute et se casse le fémur.

De l'ADN retrouvé

La victime a juste le temps de décrire l'homme qui s'est introduit chez elle avant d'être opérée. Malheureusement, Marie décède non pas des suites de l'opération, mais à cause du cancer.

Elle décrit tout de même aux gendarmes un homme grand, costaud, qui portait une capuche et une moustache. Du côté des constatations, des traces ADN sont relevées. Celles présentes sur le coffre-fort n'affichent aucune correspondance contrairement à l'ADN relevé sur le portillon qui permet d'accéder à la maison depuis le bord de mer.

Naïm*, Portois de 30 ans, a un lourd casier judiciaire, noirci d'atteintes aux biens, de vols et de violences. À cette époque, le jeune homme se situait entre deux incarcérations. “Je n'étais pas bien. C'était une période compliquée”, réitère comme explication Naïm à la barre du tribunal correctionnel ce jeudi. Le jeune homme buvait mais assure ne plus toucher aux stupéfiants, dont le Rivotril depuis de nombreuses années. Fréquentait-il le bord de mer de Trois Bassins au moment des faits ? Naïm n'en a pas le souvenir, mais il jure ne pas avoir commis ce cambriolage.

La "reine des preuves" ?

“Il n'y a aucune raison de toucher le loquet du portillon à part pour participer ou commettre les faits”, raccroche les wagons le parquet. L'ADN retrouvé à cet endroit "n'est pas anodin", ni le “parcours chaotique” que révèle son casier judiciaire, pointe la procureure qui demande un an de prison ferme.

“Le faisceau d'indices est bien trop mince”, lui rétorque Me Victoria Rouxel pour la défense de Naïm. “Le diable se cache dans les détails”, martèle l'avocate. À bien regarder son client, il fait juste 1,70 m, relativise-t-elle sa grandeur et surtout "on dirait plutôt qu'il porte un bouc plutôt qu'une moustache", fait-elle valoir. “La reine des preuves est aussi imparfaite”, rappelle Me Victoria Rouxel. Un “transfert certainement", avance-t-elle pour expliquer la présence de l'ADN de Naïm uniquement sur le loquet du portillon. La vidéosurveillance n'a rien donné, les comptes de la victime n'ont pas été exploités et les violences sur l'octogénaire cambriolée n'ont pas été démontrées, ajoute-t-elle. À l'issue de sa démonstration, l'avocate demande la relaxe.

Le délibéré est attendu pour le 13 mai.

Etiquettes : Cambriolage | Trois-Bassins

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