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"C'est elle qui ne peut plus manger depuis 3 jours à cause des coups au visage"

Un homme de 37 ans était jugé ce mercredi dans le cadre des comparutions immédiates pour des faits de violences conjugales. Il soutient mordicus qu'il ne l'a pas touchée. Selon lui, elle avait tellement bu qu'elle est tombée face contre terre.
Ecrit par Régis Labrousse – le mercredi 7 septembre 2022 à 16H32

Les faits se sont déroulés le 4 septembre à Saint-Benoit. Il est 22h30 lorsque les gendarmes interviennent et interpellent le prévenu suite à un appel de sa compagne. Elle explique qu'elle a été frappée par son conjoint.

À leur arrivée, il est présent : "je n'ai aucune raison de fuir car je n'ai rien fait", explique-t-il à la barre. Il reconnaît cependant qu'ils se sont disputés alors qu'ils étaient invités à une soirée. C'est la jalousie qui serait à l'origine de la dispute conjugale et l'alcool le dénominateur commun. Selon lui, sa compagne avait tellement bu qu'elle est tombée après être descendue de la voiture alors qu'ils allaient quitter la fête. 

Selon elle, les coups ont commencé dans la voiture, ont continué devant la maison en arrivant et se sont poursuivis lorsqu'ils étaient rentrés. Elle a pour preuve un certificat médical indiquant une ITT de 5 jours. Le compte rendu fait montre de nombreux hématomes sur tout le corps. Le fils aîné de la victime, âgé de 7 ans, confirmera les scènes de violences, ajoutant même que sa mère a reçu un coup de ceinture sur le ventre comme l'indique le certificat médical.

Tout au long de l'audience, le prévenu reste droit dans ses bottes, il ne l'a pas frappée, en tout cas pas cette fois. "Elle trébuche souvent à la maison car elle est tout le temps soule. Je me fais planter tous les weekend à cause de l'alcool" insiste-t-il à la barre. 

"C'est elle qui ne peut plus manger depuis 3 jours à cause des coups au visage"

Sorti de prison en 2021, il ne buvait plus depuis 1 an mais a repris il y a deux semaines sinon elle lui reprochait de ne pas la comprendre. "Si tu me quittes, je te renvoie en prison" lui aurait-elle dit en guise d'avertissement. "Il est très loquace et se fait passer pour la victime. C'est elle qui ne peut plus manger depuis 3 jours à cause des coups au visage. Elle a reçu des claques, des coups de poing et de ceinture. La version qu'il donne n'est pas réaliste", réplique la partie civile.

"Ils consomment tous les deux, c'est incontestable. Selon lui, il ne l'a pas frappée. Elle serait tombée à plusieurs reprises mais le certificat médical atteste de nombreux coups qui ne sont dus à une simple chute. L'aîné de 7 ans décrit assez clairement ce qu'il s'est passé. Il donne la chronologie des faits et explique clairement les différents coups que sa mère a reçus", décrit la procureure qui requiert 18 mois de prison dont 9 assortis du sursis probatoire ainsi que le maintien en détention. 

"C'est une relation toxique dans toute sa splendeur"

"Il n'y a aucune certitude dans ce dossier", répond la défense. "C'est une relation toxique dans toute sa splendeur mais il soutient depuis le début qu'il n'a rien fait. Ce qui est certain, c'est qu'elle a un sacré problème d'alcool. Lorsque l'on regarde les photos, on voit bien qu'elle est tombée, c'est la parole de l'un contre celle de l'autre. Il soutient mordicus qu'il n'a rien fait, il y a un doute dans ce dossier" plaide la robe noire. Elle demande la relaxe de son client qui comparait avec 7 mentions à son casier, dont 3 pour violences conjugales. 

Le tribunal retient la version de la victime, estimant que le certificat médical et le témoignage du fils sont sans conteste. Le prévenu écope de 18 mois de prison dont 9 mois de sursis. Il est maintenu en détention.

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