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Budget 2026 : la Fedom dénonce des coupes « insoutenables » pour les Outre-mer

Ecrit par J.D. – le lundi 8 septembre 2025 à 17H54

Alors que l’avenir du gouvernement Bayrou se joue ce lundi à l’Assemblée nationale, la Fédération des entreprises d’Outre-mer (Fedom) alerte sur un projet de budget 2026 qui ferait peser près de 700 millions d’euros d’économies sur les entreprises ultramarines. Un texte arrêté mais qui pourrait être revu selon le prochain Premier ministre et son équipe.

Ce lundi marque une journée décisive pour François Bayrou. En quête de confiance à l’Assemblée nationale, son gouvernement devrait chuter en fin de journée, à l’issue d’un scrutin qui ne laisse pas trop de doutes sur son issue. Dans ce climat d’incertitude, les inquiétudes économiques s’ajoutent aux tensions politiques. La Fédération des entreprises d’Outre-mer (Fedom) s’alarme des arbitrages budgétaires déjà finalisés pour 2026 et transmis au Conseil d’État, qui risqueraient de fragiliser durablement les économies ultramarines.

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Selon son président, Hervé Mariton, les coupes envisagées représenteraient près de 700 millions d’euros par an sur les dispositifs d’intervention en faveur de l’emploi, de l’activité et de l’investissement outre-mer. Les aides fiscales à l’investissement seraient rabotées de 300 à 400 millions d’euros, soit une baisse de 30 à 40 % selon les projets, tandis que la LODEOM sociale – exonérations de charges patronales spécifiques aux Outre-mer – subirait un amenuisement de 350 millions d’euros. « Il n’est pas acceptable que l’essentiel de l’effort budgétaire soit porté sur le dos des entreprises », dénonce Hervé Mariton.

Un risque d’« effondrement systémique » dès le 1er janvier 2026

La Fedom souligne que 80 à 90 % de l’effort budgétaire demandé sur la mission Outre-mer pèserait directement sur les entreprises locales, et plus particulièrement sur les TPE et PME, seules éligibles à la LODEOM. Une orientation jugée « absurde », car elle toucherait les secteurs les plus productifs, comme l’industrie touristique. « On ne redresse pas un budget en sacrifiant l’investissement et l’emploi dans nos territoires », insiste le président de la fédération, qui évoque un risque d’« effondrement systémique » dès le 1er janvier 2026.

La comparaison avec l’avertissement de Victor Hugo en 1848 sur les « deniers de la culture » n’est pas anodine : pour la Fedom, les économies envisagées relèvent de « chétives et détestables coupes », incapables de rétablir durablement les finances publiques, mais lourdes de conséquences pour les territoires ultramarins. L’organisation rappelle que ces mesures interviennent alors que les Outre-mer peinent à réduire un chômage structurellement élevé et cherchent à renforcer leur production locale.

Si le projet de loi de finances est techniquement bouclé, son avenir dépendra de l’issue politique des prochaines heures. Un changement de Premier ministre ou de gouvernement pourrait rouvrir les arbitrages et redessiner les priorités. « Oui, notre pays doit retrouver une trajectoire budgétaire plus solide et durable. Mais il est temps de se ressaisir », conclut Hervé Mariton, qui annonce que la Fedom intensifiera ses démarches auprès des parlementaires et des élus pour que la voix des entreprises ultramarines soit entendue dans ce moment décisif.

Etiquettes : Budget | Fedom

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