Budget 2026 : la FEDOM interpelle Manuel Valls sur le soutien aux entreprises ultramarines

La Fédération des entreprises des Outre-mer (FEDOM) alerte le ministre d’État, ministre des Outre-mer, Manuel Valls, sur l’ampleur des coupes budgétaires envisagées dans le projet de loi de finances 2026, qu’elle juge « inédites » et « injustifiables » au regard des réalités économiques des territoires ultramarins.
Dans un courrier daté du 8 août 2025, cosigné par les présidents des organisations patronales de l’ensemble des DROM-COM, la FEDOM estime que ces mesures, ciblées sur les Outre-mer, « accroîtraient le chômage, aggraveraient la vie chère, décourageraient la production locale et pénaliseraient tout particulièrement les petites entreprises ».
Une attaque contre la LODEOM et l’investissement local
La fédération dénonce en particulier la réduction annoncée de plusieurs centaines de millions d’euros du principal dispositif de soutien à l’emploi ultramarin, la LODEOM sociale. Selon elle, « vous vous apprêtez à écraser l’avantage différentiel permis par ce régime, à fragiliser les plus petites entreprises, à casser la dynamique d’emploi favorable constatée sur la période 2017-2023 et à générer une augmentation importante des prix ».
Sur le volet de l’investissement, la FEDOM s’oppose à la baisse de 10 % des taux de défiscalisation spécifiques aux Outre-mer, y compris pour des dispositifs récents comme celui destiné à la reconstruction de la Nouvelle-Calédonie. Elle rappelle qu’un rabot national équivalent n’est pas encore acté et que les régimes ultramarins ont déjà subi, en 2024, une réduction annuelle de 100 millions d’euros.
Des effets sociaux et économiques redoutés
Pour la fédération, ces choix budgétaires vont « dégrader sévèrement le handicap de compétitivité structurel » des entreprises ultramarines face à l’Hexagone, alors que les taux de chômage demeurent élevés — plus de 14 % dans les DROM en 2024, et plus de 30 % chez les 15-24 ans.
Elle dénonce aussi une incohérence avec les engagements pris lors du Comité interministériel des Outre-mer (CIOM) 2023, qui visait à « renforcer les leviers de compétitivité, d’emploi et d’investissement ».
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Méfiance face au projet de loi « vie chère »
En parallèle, la FEDOM critique le projet de loi de « lutte contre la vie chère » qui, selon elle, alourdirait la « suradministration » des économies ultramarines. Elle prend pour exemple la baisse du seuil de revente à perte excluant les frais d’approche, une mesure qui « favorisera les plus gros acteurs, fera disparaître les plus petits et fragilisera la production locale ».
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Un appel à « ne pas sacrifier la France océanique »
La fédération exhorte le ministère des Outre-mer à « proposer une juste répartition des efforts budgétaires » et à donner des garanties claires sur les arbitrages à venir. « L’emploi doit devenir la mère des batailles dans les Outre-mer », plaide-t-elle, appelant à une loi de programmation économique et sociale dédiée.
Elle conclut en se disant prête à « travailler à des solutions communes » et à tracer des perspectives durables pour le développement des territoires.


