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Bilan politique 2012: Une vague rose, le PCR qui pleure et la Droite décimée

L'année 2012 a été une année riche politiquement. Les socialistes sont arrivés au gouvernement avec l'élection de François Hollande et une vague rose a déferlé sur la Réunion lors des législatives. Mais cette année a également été marquée par la chute continuelle du PCR, notamment avec le départ d'Huguette Bello et ses mauvais résultats lors des dernières élections. La Droite réunionnaise n'a pas non plus été épargnée. Elle n'a plus de leader et a perdu ses deux sièges aux législatives. Le Front National a de son côté réalisé un bon score lors de la présidentielle. Au Centre, différents mouvements politiques (Droite sociale, ex-Modem, Nouveau Centre…) se rassemblent au sein de l'UDI qui pourrait avoir une belle carte à jouer lors des prochaines échéances électorales de 2014. Tour d'horizon des faits marquants de l'année politique de 2012.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 28 décembre 2012 à 17H33

Les Réunionnais ont largement plébiscité le Parti socialiste en mai dernier et ont choisi, comme la métropole, de propulser François Hollande à la tête du pays. Avec plus de 71% des voix, les Réunionnais ont rejeté la personnalité de Nicolas Sarkozy avant la politique menée par l'UMP. Une victoire de la Gauche qui a changé la donne dans la hiérarchie des partis politiques à la Réunion. Après la victoire de Hollande, les législatives n'ont fait que confirmer le bon score des socialistes lors des présidentielles, avec cinq députés PS sur les sept circonscriptions réunionnaises à l'Assemblée nationale.

Une première historique car le PS à la Réunion a toujours été derrière le PCR avant cette année 2012. Ce boulevard pour les socialistes s'est construit après les régionales de 2010. En restant au second tour face au Parti communiste, la stratégie socialiste a permis de mettre à l'écart le PCR. Depuis cet événement, une véritable cassure s'est installée au sein du parti, qui n'a jamais pu rebondir. Les événements se sont enchainés jusqu'à l'année 2012, notamment marquée par le départ d'Huguette Bello. Cette dernière, souvent montrée comme la successeur de Paul Vergès, a été accompagnée par d'autres élus et a depuis créée son propre parti politique. Les différents congrès organisés durant cette année dans les bastions communistes de la Réunion ont démontré que personne ne semblait "vouloir ou pouvoir" prendre les rênes d'un parti en crise depuis les régionales de 2010. Le PCR est désormais localement isolé et pourrait connaitre le même sort que le PCF au niveau national, si rien ne change.

L'UDI, une alternative à la droite

Si le PCR a été durement touché par cette année 2012, la droite réunionnaise n'est pas en reste. Après avoir perdu les présidentielles, l'UMP locale n'a pas été capable de maintenir ses deux députés aux dernières législatives. La guerre des chefs entre Didier Robert et Michel Fontaine explique une partie de cet échec qui reste pour beaucoup imputable à la mauvaise image que Nicolas Sarkozy a renvoyé à la Réunion durant son mandat de président. L'UMP ne communique plus aujourd'hui et Didier Robert n'est même plus membre du parti. Ce dernier semble de plus en plus enclin à faire du groupe "La Réunion en Confiance", la nouvelle force de droite à la Réunion, d'autant que de prochaines échéances électorales importantes se profilent à l'horizon.

Au centre, le MoDem est également mal en point à la Réunion. Considéré par beaucoup d'observateurs comme le nouveau TAK dans sa manière de communiquer, Thierry Robert, député MoDem, est désormais seul. Depuis la fin de l'année, un autre parti centriste - l'UDI - a été créé et rassemble de nombreuses composantes du Centre, d'anciens membres du MoDem et de la Droite réunionnaise. Nassimah Dindar, Ibrahim Dindar, Michel Lagourgue, Stéphane Fouassin, Cyrille Hamilcaro... ont rejoint ce nouveau parti qui se positionne comme une alternative à la Droite réunionnaise.

Une majorité éclatée au Département

Mais ce rapprochement des composantes centristes a eu des conséquences au sein de la majorité (PS/PCR/Modéré) du Département présidée par Nassimah Dindar. Désormais, cette dernière se retrouve au sein de l'UDI dont une partie de son opposition est membre. Ce qui lui a valu de s'attirer les foudres du Parti socialiste qui voit d'un mauvais oeil ce rapprochement avec l'opposition. Si 2012 a laissé en place la majorité telle qu'elle est définie, rien n'est acquis pour l'année 2013. Reste à savoir qui "appuiera" sur le bouton pour faire sauter la majorité et sanctionner le parcours "atypique" de Nassimah Dindar, passée par l'UMP et le MoDem pour atterrir à l'UDI, le tout après avoir voté lors des primaires socialistes.

Du côté de la Région, Didier Robert a appuyé sa communication sur la nouvelle route du Littoral en cette année 2012. Le président de la Région réfléchit maintenant à son positionnement pour les prochaines années. On murmure depuis la fin de l'année une possible candidature sur Saint-Denis lors des prochaines municipales. Pour assoir sa volonté de se positionner en tant que leader de la Droite réunionnaise, il lui faut un "bastion" et le chef-lieu de la Réunion pourrait le lui offrir, à condition de trouver un accord avec le Centre et l'UMP.

Le Front National réalise 10% aux présidentielles

L'année 2012 aura également vu l'émergence du Front National à la Réunion. En réalisant près de 10% des suffrages lors des présidentielles, le FN s'est fait une place sur l'échiquier politique réunionnais et a même réussi le tour de force de présenter un candidat dans chaque circonscription lors des législatives.

Une année marquée également par l'attitude des écologistes. Présents dans le gouvernement Ayrault, ils ne sont pas représentés localement, la faute à turn-over systématique à la tête du parti qui ne lui permet pas de se créer une véritable identité locale.

Mais le principal fait marquant de cette année 2012 durant les différentes échéances électorales aura été l'abstention, qui a atteint des pourcentages records, notamment pendant les législatives. La victoire lors des prochaines élections passera par la mobilisation des abstentionnistes dans chaque camp. L'année prochaine, le gouvernement Ayrault sera attendu au tournant par les différents partis d'opposition à la Réunion. "Le changement" annoncé par François Hollande tarde à se concrétiser. Ce retard pourrait bien profiter à l'opposition - Centre et Droite - lors des prochaines municipales en 2014.

 

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